Répartitions: Là où le bât blesse

Critères de distribution, listing des artistes contesté, usagers introuvables ou techniques de recensement discutables, sont quelques freins à la bonne dynamique.

C’ est la question qui fâche à chaque saison de répartition. Qui touche quoi, et pourquoi ? Dans les couloirs des Organismes de gestion collective du droit d’auteur, la grogne monte pratiquement à chaque paiement. Artistes à succès et artistes de l’ombre s’opposent sur les critères. Officiellement, la répar­ tition se fait au mérite, selon l’ex­ ploitation réelle des œuvres. Dans les faits, comment mesurer ce mérite ? Les passages à la radio, à la télévi­ sion, dans les bars, les hôtels et les boîtes de nuit devraient être comp­ tabilisés. Mais le système de pointage reste artisanal. La feuille de pro­ gramme, quand elle envoyée par les diffuseurs, est souvent incomplète. Résultat : on répartit parfois au forfait, au prorata des déclarations, ou sur la base d’une notoriété supposée. Ceux qui passent en boucle à Yaoundé et Douala estiment être lésés au profit de ceux qui ne passent jamais. Deuxième blocage : établir le listing des ayants-droit. Qui est vraiment artiste ? Qui a produit quoi ? L’ins­ cription est déclarative, mais le contrôle de l’originalité et de la pa­ ternité de l’œuvre est faible. Les ca­ talogues sont pléthoriques, mal ac­ tualisés, et intègrent des doublons. Difficile alors de déterminer le dû exact de chacun sans créer un senti­ ment d’injustice. À l’autre bout de la chaîne, le même flou entoure les usagers. Qui doit payer le droit d’auteur ? La loi est claire : tout lieu qui diffuse de la mu­ sique à des fins commerciales. Du grand hôtel de luxe au petit salon de coiffure de quartier, du transporteur interurbain à la chaîne de télévision par câble. Mais l’organisme ne dispose pas d’u...

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