« 44 ans consacrés à la modernisation de l’Etat »
- Par Yvan BOUNOUNG
- 06 Nov 2026 09:56
- 0 Likes
Pr. Manassé Aboya Endong, enseignant titulaire de science politique, doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université d’Ebolowa.
44 ans après son avènement au pouvoir, le Renouveau peut brandir plusieurs ac quis. Parmi ceux-ci, l’ouverture démocra tique, avec le retour au multipartisme po litique, ainsi que plusieurs réformes institutionnelles… Comment appréciez- vous ces chantiers ? Le Renouveau, programme politique du prési dent Paul Biya, a transformé non seulement le paysage politique camerounais, mais aussi la so ciété camerounaise sur plusieurs plans. Il s’agit de 44 ans de transformation et de transfigura tion sociopolitique qui ont fait du Cameroun une destination économique sûre pour les investis seurs. En effet, conformément aux principes énoncés dans l’ouvrage « Pour le libéralisme communautaire », le président Paul Biya s’est engagé dans une voie d’ouverture politique, adoptant un paradigme de démocratie apaisée. Ce modèle de libéralisation politique a permis de démocratiser et de libéraliser de manière perma nente la sphère politique. Le président Paul Biya a ainsi souhaité que chacun puisse s’exprimer li brement sans avoir besoin de se cacher. Cette volonté politique se traduit aujourd’hui par une pluralité d’organes de presse écrite, de multiples chaînes de radio et de télévision dont les lignes éditoriales sont divergentes. Cela démontre que l’homme du 6 novembre a fait du Cameroun un pays respectueux de la liberté d’expression. Les lois de décembre 1990 sur la liberté d’associa tion, sur la communication sociale et sur le mul tipartisme, représentent l’aboutissement et la concrétisation de la détermination du président à libéraliser la vie politique. Elles sont la graine d’une politique de réforme de l’État pour laquelle il n’a épargné aucun effort. La réalisation de ce projet de rénovation des institutions, en parti culier grâce à l’institutionnalisation, à la mise en œuvre et au fonctionnement du Sénat, du Conseil constitutionnel, des régions et d’autres institutions, témoigne clairement de cette poli tique d’ouverture. Aucun domaine n’a été laissé de côté. Cette démarche favorise activement la diversification des partenaires commerciaux à l’échelle internationale, ce qui stimule l’écono mie camerounaise. De plus, on observe une poursuite de la libéralisation de l’économie ca merounaise. On peut donc conclure, en se fon dant sur des preuves solides, que le président Paul Biya a consacré ses 44 ans de règne su prême à la modernisation de l’État camerounais dans des circonstances souvent ardues. C’est le moins qu’on puisse dire. Pour ce qui a trait aux réformes institu tionnelles, le président de la République a, au fil des mandats, mis en œuvre plusieurs révisions constitutionnelles : 1996, 2008 et 2026. Ces réformes ont entraîné la créa tion de nouvelles institutions. Quelle éva luation faites-vous de leur fonctionne ment ? La loi constitutionnelle du 18 janvier 1996, por tant révision de la Constitution du 2 juin 1972, a consacré la constitutionnalisation de nouvelles institutions représentatives, parmi lesquelles le Sénat, le Conseil constitutionnel, les régions, no tamment. Toutefois, la mise en place de ces ins titutions a été entravée par des conditions éco nomiques défavorables. Malgré cela, la détermination du président Paul Biya était iné branlable. Il a décidé de poursuivre la moderni sation de l’État en donnant vie à ces institutions jusque-là endormies. Aujourd’hui, elles sont essentielles pour animer et dynamiser la vie démocratique du Cameroun. Le Sénat gagne ainsi en influence, en participant activement au processus législatif et en exer çant un contrôle sur l’action gouvernementale. En ce qui concerne le Conseil constitutionnel, il a acquis une expérience et une maturité remar quables en matière électorale, comme en té moigne son bilan dans la garantie de l’intégrité des deux dernières élections présidentielles, celles des 7 octobre 2018 et 12 octobre 2025. Au fil du temps, les régions démontrent avec beaucoup d’aisance leur habileté à animer la dé mocratie locale. Leur apport est considérable dans l’accélération de la décentralisation, ce qui permet aux citoyens de s’impliquer dans la ges tion locale. Grâce à son approche méthodique, le président Paul Biya a su insuffler une impul sion qui permet de mesurer avec justesse l’évo lution et le cheminement du modèle camerou nais de modernisation de l’État. Il est manifeste que la récente réintroduction du poste de vice- président de la République a consolidé l’option d’un leadership présidentiel durable et stable dans la réforme de l’État camerounais. En arrivant au pouvoir il y a 44 ans, l’homme du Renouveau avait fondé son magistère sur la « Rigueur et la moralisa tion ». Est-ce que cette idéologie politique est toujours pertinente aujourd’hui ? La protection de la fortune publique est une priorité absolue pour le Renouveau. C’est pour cette raison que la rigueur et la moralisation ont émergé comme ses emblèmes. Il s’agit d’une dé marche visant à promouvoir l’intégrité dans la gestion des affaires publiques. Le slogan « Ri gueur et moralisation » est une exhortation, une promesse et un plaidoyer pour l’éthique dans la gestion des affaires publiques. Le président Paul Biya, dans « Pour le libéralisme communautaire » — son livre-programme —, énonce ce plaidoyer comme une condition sine qua non du dévelop pement. Il ne pourrait en vérité en être autre ment, car la bonne gouvernance est l’élément déclencheur du développement. Pour promou voir l’éthique et l’intégrité en matière de gou vernance publique, le slogan « Rigueur et mora lisation » a rencontré de nombreux obstacles, ce qui a entravé sa mise en œuvre efficace. Cepen dant, il reste crucial de continuer à encourager une gouvernance axée sur « la rigueur et la mo ralisation ». C’est l’un des piliers du renouveau. Pour sa part, le président a toujours maintenu sa pédagogie sur la moralisation de la gestion publique. Cela témoigne de son dévouement à lutter contre toute forme d’immoralité dans le secteur public et à préserver sans relâche les ressources financières nationales contre la cor ruption, les délits économiques et le détourne ment de fonds. En réalité, la « rigueur et la mo ralisation » sont bien plus que de simples slogans d’hier. Ce sont des principes fondamen taux pour la gouvernance du président Paul Biya au Cameroun, aujourd’hui et demain. Ces prin cipes ont servi de base à l’édification de l’État de droit et au renforcement de la démocratie dans ce pays au cours des 44 dernières années. Il ne fait aucun doute que c’est grâce à cette ri gueur que notre nation a su surmonter les dif ficultés économiques et sanitaires les plus dif ficiles avec résilience. En outre, l’éthique républicaine gagne peu à peu en importance dans la conscience citoyenne, contribuant ainsi à l’amélioration de la moralité de notre société. Bien que les mentalités évoluent lentement et montrent une certaine résistance au change ment, les institutions camerounaises de lutte contre la corruption et de protection de la ri chesse nationale, telles que la Conac, le Consupe et la Chambre des comptes, démontrent que cette boussole reste plus que jamais active et dévouée au Cameroun. Paul Biya, a fait de la bonne gouvernance, ces dernières années, l’un de ses chevaux de bataille, avec un point d’honneur sur la lutte contre la corruption. Mais, il s’avère que cet aspect est encore le ventre mou du Renouveau. Pourquoi ? Toute proposition politique ou tout projet de ré forme suscite généralement des résistances. Le Renouveau, programme politique du président Paul Biya, est une démarche axée sur le chan gement. Pour cela, elle s’appuie sur un certain nombre de piliers, notamment la « rigueur et la moralisation » des pratiques publiques. Cette profonde transformation de perspective rencon tre une forte résistance, ce qui éprouve sérieu sement toute tentative de systématisation de la lutte contre l’immoralité publique. Cette varia ble explicative met en lumière les raisons pour lesquelles l’efficacité dissuasive des sanctions imposées aux dirigeants corrompus de la for tune publique et des pratiques alternatives de corruption demeure une préoccupation majeure. De plus, la lutte contre la corruption n’est pas en core perçue comme une affaire qui concerne tout le monde, ce qui est alarmant. Il serait im prudent de la laisser entre les mains du seul pré sident de la République. Il est plutôt essentiel de souligner le courage politique du chef de l’État, qui a osé défier les tabous en élevant la lutte contre la corruption au rang de priorité ab solue, en organisant des opérations d’envergure de lutte, telles que « l’Opération Épervier ». Ceux qui perçoivent cela comme le « ventre-mou » du Renouveau sous-estiment la complexité du conflit civilisationnel actuel opposant des va leurs profondément ancrées dans la bureaucra tie mondiale et locale. Malgré cela, le président Paul Biya ne ménage pas ses efforts pour pour suivre ce combat. Il est donc manifeste que la persistance de ce phénomène ne résulte pas d’un manque de volonté politique, mais de la né cessité d’une profonde transformation cultu relle. C’est pour cette raison que l’administration s’appuie désormais sur la prévention, la numé risation des procédures administratives et l’édu cation civique pour éliminer ce fléau à sa source. Il y a un défi majeur pour le président de la République actuellement : l’atteinte de l’émergence en 2035. Comment y parvenir dans le contexte actuel ? L’émergence à l’horizon 2035, chère au prési dent de la République, représente une vision programmatique nette, axée sur la Stratégie na tionale de développement (SND30). Pour réali ser cet objectif dans la situation actuelle, le Ca meroun s’appuie sur trois moteurs clés : la politique de substitution des importations, qui vise à produire ce que nous consommons et à consommer ce que nous produisons...
Cet article complet est réservé aux abonnés
Déjà abonné ? Identifiez-vous >
Accédez en illimité à Cameroon Tribune Digital à partir de 26250 FCFA
Je M'abonne1 minute suffit pour vous abonner à Cameroon Tribune Digital !
- Votre numéro spécial cameroon-tribune en version numérique
- Des encarts
- Des appels d'offres exclusives
- D'avant-première (accès 24h avant la publication)
- Des éditions consultables sur tous supports (smartphone, tablettes, PC)



Commentaires