« Le numérique n'a pas encore véritablement pris corps »

Harouna Nyandji Mgbatou, sous-préfet de Yaoundé Ier.

La Journée mondiale sans papier est observée au­ jourd’hui. Peut-on imaginer chez nous une administration qui fonctionne sans docu­ ments physiques ? Cette opération est très difficile. Dans notre contexte, le numé­ rique n'a pas encore véritable­ ment pris corps. Et nous, à la sous-préfecture de Yaoundé 1er, nous sommes une admi­ nistration de proximité, pour ne pas dire une administration lo­ cale, et nous avons des popu­ lations qui vivent encore en mi­ lieu rural et qui n'ont pas encore la culture du numérique. Donc, le papier apparaît incontourna­ ble dans notre contexte. Des expériences d'ailleurs montrent que l'usage d'un instrument comme l'e-mail peut utilement suppléer les correspondances administra­ tives classiques. Cette option peut-elle fonctionner dans un environnement comme le nôtre ? Il faut quand même relever que la curiosité du numérique se développe à grands pas dans notre environnement. Tout le monde a plus ou moins un té­ léphone, malgré les conditions difficiles, et en dépit des ca­ prices liées à la connexion, les gens s'intéressent au numé­ rique. Mais les gens n'ont pas encore la culture de l’e-mail. La communication à travers l'email n'est pas encore notre quotidien. Il faut déjà relever que la sous- préfecture, par exemple, n'a pas une adresse e-mail. Les gens préfèrent encore les documents physiques. Donc, on n'a pas en­ core cette culture. Peut-être faudrait-il commencer par ces préalables. L'initiative devrait peut-être venir de l'administra­ tion centrale, parce qu'au nom de la déconcentration, il est dif­ ficile de prendre ce genre d'ini­ tiative, mais si la sous-préfecture avait déjà une adresse e-mail, les usagers commenceraient à s'y habituer. Mais pour l'instant, ça ne fait pas encore partie des habitudes de nos usagers. Quels préalables doivent remplir les administrations publiques et privées came­ rounaises avant de prétendre se passer du papier ? Il faut certainement, comme c'est le cas dans beaucoup d'au­ tres administrations aujourd'hui, un portail numérique (une adresse e-mail, une adresse Fa­ cebook), une adresse à partir de laquelle la sous-préfecture peut recev...

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