Une réaction empreinte d’humanisme

Commentaire.

Fin de suspense. Les résultats de l’enquête prescrite par le président de la République, Paul Biya, au lendemain du grave accident ferroviaire survenu à Eséka le 21 octobre 2016 sont connus depuis mardi dernier. La commission d’enquête que dirigeait le Premier ministre, chef du gouvernement, Philemon Yang, et qui a bénéficié des services d’experts internationaux compétents, a établi la responsabilité à titre principal du transporteur, CAMRAIL. En raison de nombreuses anomalies et défaillances détectées et du refus de prise en considération des réserves émises par le conducteur du train.
Prenant en compte le rapport de la commission d’enquête, le président de la République a prescrit une série de mesures. La première concerne les relations entre CAMRAIL et l’Etat, qui sont appelées à évoluer. C’est la raison principale de l’audit de la convention de concession qui date de 1999 et des avenants de 2005 et 2008. De l’avis de nombreux observateurs avertis, il était devenu urgent, au regard du fonctionnement de l’entreprise concessionnaire, que l’implication de l’Etat y  soit plus grande, afin de permettre notamment une meilleure prise en compte des préoccupations sociales, dont le transport des voyageurs. S’agissant de la création à brève échéance de la société de gestion du patrimoine qui permettra non seulement de mieux assurer l’entretien du réseau ferré, mais aussi son extension, elle mérite d’être saluée à sa juste valeur. D’autant plus que l’Etat et ses partenaires planchent depuis quelque temps sur l’établissement de liaisons ferroviaires entre Ngaoundéré et N’Djamena (Tchad), Edéa et Kribi ou encore Mbalam et Kribi.
La deuxième série de mesures prescrites par le chef de l’Etat concerne les sanctions. Certaines dites administratives seront prises à l’encontre des responsables dont l’implication dans l’accident est reconnue par le rapport de l’enquête. Quant aux sanctions judiciaires, elles seront éventuellement prises par les tribunaux et cours, le président de la République ayant prescrit la transmission à la justice du rapport d’enquête pour qu’elle en tire toutes les conséquences de droit.
La troisième série de mesures présidentielles relève de l’humanitaire. En prescrivant la finalisation des mesures d’indemnisation prises et envisagées par CAMRAIL en faveur des blessés et des familles des décédés, le déblocage d’un milliard de francs au titre de l’assistance complémentaire aux victimes ou à leurs ayants-droit et l’érection d’un monument du souvenir à Eséka pour la commémoration de cette tragédie, Paul Biya donne la preuve, s’il en était besoin, que le bien-être de l’homme qui est la finalité de son projet de société, demeure au centre de ses préoccupations.
Quant à la quatrième série de mesures qui concerne le renforcement du dispositif national de prévention et de gestion des catastrophes et risques majeurs, elle vise à limiter les risques de survenue d’une telle catastrophe à l’avenir mais aussi à mettre en place les conditions d’une prompte et efficace intervention des structures en charge de la protection civile, au sens large.
Au total, un ensemble de mesures destinées à exorciser autant que faire se peut les effets d’une tragédie qui a fortement marqué les esprits il y a quelques mois. En effet, le déraillement d’Eséka aura constitué une véritable meurtrissure au cœur des Camerounais tant à l’intérieur qu’en dehors des frontières nationales. Car d’honnêtes citoyens qui avaient entrepris un voyage qu’ils croyaient paisible en sont venus à perdre la vie ou à s’en tirer avec des traumatismes. Une détresse qui ne pouvait laisser le président de la République indifférent. Il a pris des mesures à la hauteur de ses lourdes responsabilités à la tête de l’Etat.

 

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