Discours de haine: Le mal fait de la résistance
- Par Georges Emmanuel TSAYID
- 03 Jun 2026 04:26
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En dépit de la disponibilité d’une batterie de textes, et de mesures institutionnelles dédiées, le phénomène semble plutôt prendre de l’ampleur dans l’espace public camerounais.
Au Cameroun, les discours de haine tendent à devenir une banalité sociale. Aussi bien dans les réseaux sociaux que dans les médias traditionnels et les rues, il n’est plus rare de voir des citoyens tenir des propos haineux. Ces discours sont souvent alimentés par des rivalités politiques et des tensions identitaires. Des propos stigmatisant qui prolifèrent particulièrement en ligne. En effet, les plateformes numériques servent de caisse de résonance, permettant la propagation rapide de messages xénophobes, stigmatisant et d'incitation à la violence. Les plateaux de télévision sont transformés en arènes dans lesquelles les panélistes viennent s’étriper verbalement en mondovision. Le paysage médiatique camerounais est confronté depuis plusieurs années, à une recrudescence des propos clivants, des invectives et des attaques identitaires lors des émissions de débat politique. Des propos qui contribuent à alimenter la fibre de la xénophobie chez les téléspectateurs en particulier et les populations en général. Certains invités utilisent les antennes pour promouvoir des stéréotypes ethniques, et s’attaquer à des communautés spécifiques. Le phénomène a atteint un niveau de tel que, certaines chaînes de télévision et de radio, en quête de buzz, et d’audience, n’hésitent plus à inviter des intervenants pourtant connus pour leurs positions extrêmes, offrant ainsi gracieusement une tribune à des discours de division. Tout y est mêlé : outrances verbales, injures, et critiques vigoureuses en fonction des appartenances politiques, et souvent, des origines ethniques. Pourtant, le pays s’est doté d’un arsenal juridique adéquat pour lutter contre ce phénomène qui menace désormais la cohésion sociale et le vivre ensemble. C’est le cas de la loi du 24 décembre 2019 qui réprime l’outrage à ethnie, le tribalisme et les discours de hai...
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