« Le risque n’est plus le même »
- Par Sonia OMBOUDOU
- 21 Aug 2026 09:35
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Dr Brice Tchakam Kamtchueng, hydrogéologue, chargé d'études assistant à la Division de la coopération scientifique et technique au ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation.
Il y a 40 ans, une explosion de gaz dans le lac Nyos faisait près de 1 800 morts. Un projet de dégazage avait été lancé l’année d’après, en 1987. Où en est-on aujourd’hui ? Le dégazage artificiel du lac Nyos a com mencé en 2001, avec la mise en service d’un premier système de dégazage par co lonne auto-siphonnante. L’idée était d’uti liser la pression et la remontée naturelle du mélange eau-CO₂ pour extraire les eaux profondes riches en gaz et empêcher son accumulation. Pour accélérer le pro cessus, deux colonnes supplémentaires de plus grand diamètre ont été installées en 2011. Jusqu’en 2019, le lac avait été dé barrassé des quantités dangereuses de dioxyde de carbone (CO₂) accumulées avant le début des opérations. C’est une réussite scientifique et technologique im portante. Mais le dégazage n’a pas sup primé la source naturelle du gaz carbo nique. Le sous-sol continue d’alimenter le lac en CO₂. Le risque n’est donc pas défi nitivement écarté. Il est maîtrisé grâce à une combinaison de dégazage, de surveil lance scientifique et de prévention. C’est pourquoi le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation, à travers l’Institut de recherches géologiques et mi nières et ses partenaires, doit continuer à consolider cette capacité nationale de sur veillance et d’anticipation. Quels sont les dispositifs d’alerte en cas de remontée du CO₂ dans le lac Nyos ? La première ligne de défense, c’est la sur veillance scientifique de la colonne d’eau. Elle repose sur la mesure de paramètres physico-chimiques : température, conduc tivité, pH, profondeur et concentration de CO₂ dissous, à l’aide de sondes CTD et d’au tres techniques géochimiques. Dans le ca dre de la coopération Cameroun-Japon, un système automatique d’observation a été installé sur le lac Nyos. Il permet un suivi en continu et la transmission à distance des données aux chercheurs. C’est une avancée majeure pour détecter les anoma lies. Mais, il faut être précis. Un dispositif scientifique de surveillance n’est pas un système complet d’alerte et d’évacuation. La vraie sécurité repose sur une chaîne complète : mesurer, analyser, détecter l’anomalie, confirmer, transmettre l’infor mation, déclencher l’alerte et organiser l’évacuation si nécessaire. Dans le contexte actuel du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, cette chaîne doit être ro buste. Les difficultés d’accès, les pro blèmes de communication et les déplace ments de populations imposent de compléter les dispositifs scientifiques par des relais locaux d’alerte, des plans d’éva cuation actualisés et des moyens de com munication adaptés. Quelles actions préventives sont me nées en faveur des autres lacs à risque comme le lac Monoun ? La catastrophe de Nyos a changé la façon dont le Cameroun surveille ses lacs volca niques. Le principe actuel est de ne pas at tendre qu’un lac fasse des victimes pour l’étudier. Le lac Monoun, théâtre de l’érup tion limnique de 1984, a fait l’objet d’un programme spécifique de dégazage et de surveillance. Le dégazage contrôlé y a com mencé en 2003 et a été renforcé en 2006. Le programm...
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