Gaz domestique: A la recherche de l'autonomie

Entre une consommation en croissance, une production locale quasi inexistante et un choc d'approvisionnement survenu ces dernières semaines, les défis du butane sont nombreux.

1 5 %. C'est le taux de crois­ sance annuel des besoins en gaz de pétrole liquéfié (GPL) plus connu comme domestique au Cameroun, selon la Société camerounaise des produits pétroliers (SCDP). Ce chiffre à lui seul résume l'ampleur du défi : les capa­ cités de production, d'importation et de stockage du pays doivent suivre une cadence que rien, aujourd'hui, ne parvient réellement à tenir. En effet, le Cameroun ne produit presque pas le gaz qu'il consomme. Depuis l'incendie de la Société nationale de raffinage (SONARA) en 2019, environ quatre bouteilles sur cinq sont im­ portées, selon les chiffres partagés par Robert Mouthe Ambassa, expert pétrolier. Le seul site de production significatif, à Bipaga, n'a livré qu'en­ viron 30 000 tonnes en 2025, alors que la consommation nationale dé­ passe 100 000 tonnes. La situation s'est encore tendue dé­ but août 2026, avec le départ du navire Hilli Episeyo, qui assurait la li­ quéfaction du gaz naturel camerou­ nais en gaz domestique. Cette unité produisait près de 30 000 tonnes par an ; sa capacité résiduelle de production est aujourd'hui tombée à peine à 2 000 tonnes. Conséquence directe : le pays devra importer da­ vantage, avec un coût accru en de­ vises et en subventions publiques. Le système d'approvisionnement re­ pose sur trois piliers sensibles : les ressources disponibles pour financer les cargaisons, une capacité de stockage limitée à Douala, et une distribution complexe vers les régions enclavées. La récente pénurie des bouteilles de la marque SCTM – pro­ voquée par une simple dette impayée entre deux opérateurs, alors que cette marque représentait jusqu'à 80 % du marché dans certaines zones – a rappelé la vulnérabilité de ce dis­ positif à un incident isolé. C'est dans ce contexte que s'inscri­ vent les infrastructures inaugurées le 21 août 2026 au siège de la SCDP à Douala, en présence du ministre de l'Eau et de l'Énergie, Gaston Eloun­ dou Essomba. Parmi lesdites infra­ structures, la sphère 6 du dépôt de Bonabéri : un réservoir de stockage de GPL d'une capacité de 1.000 tonnes métriques (TM) mis en service en février 2025. Elle porte la capacité de stockage de gaz du site de 2.500 à 3.500 TM, soit une hausse de 40 %. Le ministre Eloundou Essomba a replacé cet investissement dans une perspective plus large : le gouver­ nement vise à porter à 70 % en 2030 la proportion des ménages uti­ lisant le gaz pour cuisiner, contre 40 % actuellement. Il a également rap­ pelé l'objectif national de disposer de stocks de sécurité correspondant à au moins 30 jours d'autonomie. D'autres chantiers sont déjà engagés pour prolonger cet effort : une sphère 7 de 1.000 TM est en cours...

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