Clément Atangana: Un esthète du contentieux électoral
- Par Jean Francis
- 05 Oct 2026 04:47
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Celui qui a occupé, en tant que pionnier, la présidence du Conseil constitutionnel, aura marqué des décennies durant, les processus électoraux au Cameroun.
S a haute silhouette a dé finitivement quitté les cours et tribunaux de la République. Clément Atan gana, le président du Conseil constitutionnel, le premier à avoir occupé cette fonction depuis la mise sur pied de cette institution en 2018, a définitivement rangé sa toge aux premières heures du di manche, 4 octobre 2026, après de nombreux mois de lutte contre la maladie. Une silhouette qui est apparue pour la dernière fois en public le 22 septembre dernier. Ce jour-là, Clément Atangana pré sidait l’hommage rendu par le Conseil constitutionnel au conseiller-doyen, Bah Ouma rou Sanda, décédé le 7 août 2026. Un hommage auquel il avait tenu à prendre person nellement part, malgré la ma ladie contre laquelle il conti nuait de lutter. Avec la disparition de Clément Atangana, la magistrature ca merounaise perd ainsi l’un de ses éléments clés ayant contri bué à la construction de l’Etat de droit. Pourtant, rien ne semblait prédestiner cet homme, qui a vu le jour le 20 septembre 1941 dans le petit village d’Ekoumeyeck, arron dissement de Ngomedzap, dé partement du Nyong-et-So’o, au riche parcours qui a été le sien, et qui l’a amené à consa crer près de 60 de ses 85 ans, à son pays. Études pri maires à l’Ecole régionale de Yaoundé, puis Clément Atan gana rejoint le prestigieux Collège Vogt sur les collines de Mvolyé et le lycée de Ma nengouba dans le départe ment du Moungo où il obtient la 2e partie du baccalauréat. Titulaire d’une licence en droit privé de l’Université fédérale du Cameroun en 1967, il in tègre ensuite la division judi ciaire de l’Ecole nationale d’ad ministration et de magistrature (ENAM) en 1968. Il ira parfaire sa formation à l’Institut inter national d’administration pu blique (IIAP) de Paris. Son entrée au sein de la ma gistrature camerounaise va le mener à travers différentes cours et divers tribunaux de la République. Clément Atan gana se retrouve à Douala où il débute sa carrière comme juge suppléant à la Cour d’ap pel. On le retrouvera ensuite à la tête du Tribunal de Mora en 1975. Deux années plus tard, il est nommé juge au Tri bunal de première instance de Yaoundé. L’année d’après, il est à la tête du Tribunal de Sangmélima, avant de revenir à Yaoundé. La Chancellerie ne lui est pas non plus inconnue, puisqu’il est nommé directeur adjoint des Affaires judiciaires et du sceau en 1981. Il y reste sept ans avant de re trouver les juridictions. En ef fet, il est nommé procureur général près la Cour d’appel du Nord à Garoua en 1988. L’année d’après, il quitte le parquet général pour le siège en sa qualité de président de la Cour d’appel du Centre. Le passage vers la Cour suprême limitrophe de cette juridiction, est vite fait. Clément Atan gana rejoint la haute juridic tion en 1991 en qualité de conseiller. C’est ici que le bril lant magistrat va se faire connaître de la majorité de ses compatriotes qui ont fini par lui coller l’étiquette d’« Irrecevable », en référence à certaines décisions souvent rendues dans le cadre de la gestion du contentieux des élections. Outre la Commission nationale de recensement général des votes qu’il a présidée pendant 17 ans (1997-2014), que cer tains avaient du reste baptisée « Commission Atangana », il a accédé à la présidence de la Chambre administrative de la haute juridiction en 2004. Le contentieux des élections locales était ainsi de son res sort. De nombreux postulants à la fonction de conseiller mu nicipal ou de maire, essayant de passer entre les mailles du filet, vont ainsi faire les frais de la parfaite maîtrise des procédures par le haut magistrat. Lui qui laissait libre court à la présentation de leurs arguments par les plai gnants, avant le rendu de la décision qui était toujours mo tivée. Aucun par...
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