Circulaire n°001/du 12 octobre 2026 relative à la préparation du budget de l’État au titre de l’exercice 2027
Le président de la République, À Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement ; - Mesdames et Messieurs - Les Ministres d’Etat ; - Les ministres ; - Les ministres délégués ; - Les Secrétaires d’Etat ; - Les gouverneurs de régions. 1. La présente circulaire est relative à la préparation du budget de l’Etat au titre de l’exercice 2027. 2. Elle présente le contexte macroéconomique, fixe les objectifs prioritaires de l’action publique, les orientations de la politique budgétaire globale, ainsi que les dispositions pratiques pour l’élaboration du budget de l’État au titre de l’exercice 2027. 3. La préparation dudit budget s’inscrit dans le cadre de la poursuite de l’implémentation de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), tout en tenant compte du contexte macroéconomique, international et national. 4. Cette préparation reste placée sous le signe d’un budget d’impact socioéconomique. A ce titre, les choix du gouvernement seront orientés prioritairement vers : (i) le renforcement des capacités de l’offre énergétique et la restauration de l’équilibre financier du secteur de l’électricité ; (ii) le développement des infra structures de transport; (iii) l’accélération de la mise en œuvre du Plan intégré d’import-substitution agropastorale et halieutique (Piisah) sur le triennat 2027-2029 ; (iv) la poursuite du Programme d’impulsion Initiale (P21) à travers, notamment, la construction d’une usine de production d’engrais en soutien au secteur agricole et à la politique d’import subs titution ; (v) la mise en place des mécanismes efficaces de protection sociale et de promotion de l’emploi jeune, no tamment à travers la poursuite de la mise en œuvre des activités du Fonds spécial l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi des jeunes ; (vii) le renforcement de la cohésion sociale et du processus de décentralisation, notamment à travers l’autonomisation fi nancière des collectivités territoriales décentralisées (CTD) et (vii) la consolidation des entreprises publiques straté giques. 5. La poursuite de l’implémentation des actions du Plan stratégique des réformes de la gestion des finances publiques (Psrgfp) devra permettre de consolider la gestion budgétaire par programme aussi bien dans son processus de préparation et sa présentation, que dans son exécution et son suivi- évaluation. I. DU CONTEXTE MACROECONOMIQUE 6. Au plan international, la préparation du budget de l’État au titre de l’exercice 2027 intervient dans un contexte marqué par : (i) le conflit armé au Moyen-Orient dont l’issue et la durée demeurent incertaines, avec des conséquences notables sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, les marchés de l’énergie et des matières premières; (ii) la persistance de la fragmentation géoéconomique, caractérisée par une montée des mesures protectionnistes, notamment aux États-Unis, et des tensions commerciales, entraînant des restrictions sur les échanges internationaux et les flux d’investissements ; et (iii) la récurrence accrue d’évé nements météorologiques extrêmes, qui pèse négativement sur les rendements agricoles et la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays en développement. 7. Selon les perspectives de l’économie mondiale pu bliées en juillet 2026 par le Fonds monétaire international (FMI), la croissance mondiale est estimée à 3,5% en 2025 contre 3,4% en 2024. Cette progression est tirée par le regain d’activité enregistré dans les pays avancés (1,9% en 2025 contre 1,8% en 2024), tandis que la croissance dans les économies émergentes et en développement est restée stable à 4,5% en 2024 et en 2025. 8. S’agissant particulièrement de l’Afrique subsaha rienne, l’activité économique se serait raffermie, progressant de 4,2% en 2024 à 4,5% en 2025, portée par les efforts de stabilisation macroéconomique et les réformes structu relles engagées dans plusieurs grandes économies de la région. Dans la zone Cemac, la tendance serait similaire : selon la BEAC, la croissance économique est estimée à 3,5% en 2025, contre 2,7% en 2024. Cette dynamique a été principalement soutenue par les activités non pétrolières, notamment l’agriculture, les mines, le commerce et certains services. Par contre, le secteur pétrolier est en régression en lien avec la baisse de la production des huiles brutes de pétrole et de gaz. 9. Au plan national, outre d’importantes incertitudes liées à l’environnement international sur l’économie, le contexte demeure marqué par la poursuite des réformes structurelles destinées à renforcer la résilience de l’économie, à accélérer sa transformation structurelle et à améliorer sa compétitivité. Sur la base des réalisations à fin décembre, et de la dyna mique des secteurs, la croissance du PIB réel est estimée à 3,5% en 2025 comme en 2024, sous l’impulsion du secteur non pétrolier. 10. S’agissant des prix, l’inflation mondiale a poursuivi son repli en 2025, prolongeant la phase de désinflation amorcée après le pic post-crises. Après s’être établie à 6,7% en 2023, puis à 5,8% en 2024, elle est revenue à 4,1% en 2025. Cette tendance s’explique notamment par le ralentissement progressif de la demande, quoique de manière disparate selon les régions, et par l’atténuation des tensions sur les prix internationaux. Dans les pays avancés, l’inflation moyenne est ainsi revenue à 2,5% en 2025 partant de 2,6% en 2024, tandis qu’elle s’est établie à 5,2% dans les économies émergentes et en développement, contre 8,0% en 2024. 11. En 2026, le FMI prévoit un nouveau ralentissement de l’économie mondiale, en raison notamment des consé quences du conflit au Moyen-Orient. Le taux de croissance mondial est projeté à 3,0% en 2026, contre 3,5% en 2025. Ce ralentissement toucherait l’ensemble des deux (02) grands groupes économiques. Ainsi, dans le groupe des économies avancées, la croissance, estimée à 1, 9% en 2025, est projetée à 1,7% en 2026. De même, dans le groupe des pays émergents et en développement, le taux de croissance devrait passer de 4,5% en 2025 à 3,8% en 2026. 12. Par ailleurs, les cours du pétrole brut devraient connaître une nette augmentation en 2026, avec une moyenne an nuelle estimée à 95 dollars le baril, contre 67 dollars en 2025. Cette envolée est notamment induite par les per turbations liées au conflit armé au Moyen-Orient. En outre, les prix des produits de base hors combustibles devraient augmenter de 2,5% en 2026, en raison des révisions à la hausse des prix des produits agricoles et des métaux. 13. Au niveau national, l’économie camerounaise devrait également faire preuve de résilience en 2026, en dépit d’un contexte international difficile, avec un taux de crois sance du PIB réel e...
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