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Education et croissance économique: le rôle de l’industrie de l’édition

Culture
Yvette MBASSI-BIKELE | 22-11-2017 00:20

Une conférence régionale de haut niveau s’ouvre ce matin dans la capitale sur le sujet.

 

L’événement est planifié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi), en coopération avec le ministère des Arts et de la Culture. Pendant deux jours, des professionnels dont des imprimeurs, diffuseurs, libraires, infographistes, auteurs et même des politiques venus de l’ensemble du continent et d’Europe passeront au peigne fin la situation du secteur de l’édition en Afrique. Et proposeront des solutions conséquentes pour en tirer toutes les dividendes. C’est que l’essor de l’industrie de l’édition est contrarié dans différents pays africains.
Selon les experts, l'obstacle majeur au développement du livre, de la lecture et de l'édition en Afrique est la non-intégration, ou la non-prise en compte de ce secteur dans les plans de développement des États. En d'autres termes, c'est l'absence de politiques réfléchies et concertées qui est en cause. La nature particulière de l'économie du livre et le contexte de récession économique actuel ont aussi immanquablement des répercussions.
C’est une activité économique tout à fait particulière et à risques, dont la rentabilité est problématique puisqu'il s'agit d'idées. La difficulté à trouver les capitaux, ici comme ailleurs, n'est pas des moindres. Un accès plus aisé aux marchés financiers ainsi que des conditions plus favorables dans l'obtention des crédits bancaires permettraient la constitution d'entreprises d'édition ayant le goût du risque. Il est remarquable que ce problème ne soit pas spécifique à l'édition privée et concerne aussi les éditions publiques dont la politique de service n'intéresse pas non plus les investisseurs soucieux de rentabilité. D’où la pénurie de manuels dans nombre de pays où l'édition scolaire est pourtant monopole de l’État.
L’on sait par ailleurs que lorsqu'elles existent, les unités d'imprimerie capables de produire importent de l'étranger leurs équipements et les matières premières. Or, dans la plupart des cas, si le livre en tant que produit fini importé ne se heurte pratiquement à aucune barrière douanière, en revanche, les matières premières importées pour sa fabrication se trouvent frappées de taxes et restrictions. Les conséquences d'une telle situation sont le coût élevé du livre produit localement qui n’arrive pas ainsi à entrer en compétition avec le livre importé. Autre maillon faible : l'absence de structures appropriées de diffusion (l'éditeur étant souvent lui-même son propre diffuseur), de la médiocrité et de la cherté des réseaux de transport. C'est ainsi que les librairies qui constituent l'un des pôles de la distribution n'existent pratiquement que dans les capitales et quelques rares villes privilégiées parce qu'elles sont situées le long des grands axes de communication.

 

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