Cameroon-Tribune

Un immense pari

24 heures
Rousseau-Joël FOUTE | 20-12-2017 09:48

Regard

Présence simultanée de plusieurs acteurs agissant sur un même marché, la concurrence n’est pas en soi une mauvaise chose dans une économie libérale comme celle du Cameroun, si on ne tient pas compte de quelques pratiques qui éloignent des réalités de l’économie de marché dans certains domaines.

En tout cas, dans le secteur du ramassage des ordures ménagères qui nous intéresse, la présence de plusieurs concessionnaires amènerait ceux-ci à rivaliser d’adresse pour offrir les meilleures prestations, puis, à pratiquer les coûts les plus compétitifs possibles de la tonne d’ordures ramassée au quotidien.

Dans les faits, il faut s’interroger sur le modèle économique d’HYSACAM, l’opérateur présent dans 17 villes camerounaises et qui détient le monopole dans ce secteur d’activités depuis bientôt 50 ans. Selon nos informations, le concept qui permet à cette entreprise de gagner de l’argent est simple : 80% des prestations sont payées par l’Etat (Trésor public) et 20% par les Collectivités territoriales décentralisées (CTD).

Nos sources ajoutent que l’Etat doit à l’opérateur, en cette fin d’année 2017 sur les 17 villes couvertes, 48% de son chiffre d’affaires et les CTD, plus de trois milliards de F, ce qui limiterait les capacités opérationnelles d’HYSACAM et par ricochet, entraîne le spectacle désolant des montagnes d’ordures non ramassées dans certains quartiers de Yaoundé et de Douala.

L’entreprise aurait ainsi besoin du déblocage d’une partie de cette dette pour mettre en oeuvre son plan d’urgence afin que les citadins concernés passent les fêtes de fin d’année dans un environnement plus propre.

En revanche, côté pouvoirs publics, les personnes proches du dossier affirment qu’HYSACAM est incapable de bien réaliser ses prestations dans le contexte actuel de l’urbanisation. C’est que, expliquet- on, les villes étendent chaque jour un peu plus leurs tentacules, allongeant autant la distance entre les nouveaux quartiers bien éloignés et la décharge de Nkolfoulou pour ce qui est de Yaoundé par exemple.

En outre, les quantités d’ordures à enlever sont aussi en hausse, suivant la courbe de la poussée démographique.

Et quand on y ajoute l’état de la voirie urbaine et les embouteillages, on se demande si les capacités logistiques actuelles d’HYSACAM lui permettent d’être apte à faire correctement son boulot. En dernière analyse, il y a sans doute une partie de la vérité dans l’argumentaire des deux parties.

Quoi qu’il en soit, l’ouverture en cours du secteur à la concurrence devrait tenir compte des paramètres énoncés pour que les mêmes causes ne produisent pas à terme les mêmes effets. Comme on le voit, c’est un immense pari.

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