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« La promotion de la femme est liée au développement »

Culture
Monica NKODO | 16-01-2018 12:24

Rachel-Claire Okani, créatrice du quiz « Femmes du Cameroun ».

Un quiz sur les femmes camerounaises après un livre sur leurs oeuvres et activités. Pourquoi autant d’intérêt pour leurs prouesses ?

J’ai cette préoccupation de valoriser la femme. Elle fait beaucoup de choses, mais elle reste dans l’ombre. Notre culture mettant en exergue le patriarcat, la femme a fini par internaliser un certain nombre de choses, au point de perdre l’estime de soi. C’est pourtant sur elle que repose la société. Ce quiz, c’est pour rendre compte de ce qu’elle fait. J’ai voulu associer toutes les composantes de la société, comme les enfants, la famille. C’est un quiz pour les femmes, mais pas seulement par les femmes. Vous allez y retrouver des hommes qui ont fait des choses merveilleuses pour les femmes dans nombre de domaines en travaillant pour son intérêt. Il était important de montrer qu’il y a une complémentarité homme-femme.

Comment avez-vous procédé pour obtenir toutes ces informations et constituer les questionnaires?

Je voulais qu’on apprenne tout en s’amusant. Le livre peut être rébarbatif, et tout le monde ne l’aime pas à tort ou à raison. Ce quiz est une activité ludique, avec une notice, des cartes comme dans un jeu traditionnel. Ce n’est qu’un début, car le jeu n’est pas figé mais évolutif. Il y a d’autres femmes qui vont réaliser des exploits, et celles-ci gagneront à être connues. Elles seront sans doute ajoutées. Pour arriver à ce résultat, il m’a fallu trois ans de vérification. J’ai procédé par des consultations Internet, de livres, j’ai réalisé des interviews avec les intéressées, des descentes sur le terrain. En tant qu’enseignante-chercheur, j’ai vérifié, analysé, fait des recherches, fait des tests avec des personnes que je peux appeler des cobayes. La formulation des questions a été modifiée plusieurs fois. Toutes les questions concernant une personne ne se retrouvent pas sur la même carte pour aiguiser l’intellect des uns et des autres et mettre un peu de piment dans le jeu.

En faisant le choix du bilinguisme, vouliez-vous faciliter la promotion du jeu auprès de la population camerounaise ?

Cela peut paraître dans l’air du temps, mais le bilinguisme n’est pas nouveau pour moi. Mon premier livre était dans les deux langues, car je suis fière de cette richesse qu’est le bilinguisme. Richesse que j’ai toujours célébrée. J’ai l’intention de solliciter des ministères clés comme ceux de la Jeunesse, de la Femme et de la Famille, des Affaires sociales, des Enseignements secondaires, de l’Education de base, des Relations extérieures et évidemment des Arts et de la Culture, pour des compétitions interclasses, interrégions, afin qu’à la longue le jeu devienne un peu comme « Questions pour un champion ». Tous ceux qui sont concernés doivent s’y intéresser car la promotion de la femme camerounaise est liée au développement du pays. Eduquer une femme, c’est éduquer toute une nation.

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