Un monde à conquérir

Politique
Yves ATANGA | 13-02-2018 09:43

Commentaire

C’est le conseil ô combien avisé d’un père à ses enfants qui font leurs armes dans la vie active. Samedi soir dans son message à la Jeunesse, à l’occasion de le 52e édition de la fête qui lui est dédiée, le président de la République ne s’est pas montré avare en recommandations.

Du haut de sa stature, fort de sa riche expérience du pouvoir et de la vie tout court, le sage voit bien venir le danger d’une confrontation douloureuse entre ce zeste d’insouciance naturelle qu’on attribue généralement à la jeunesse et les dures réalités d’un monde, dont l’évolution risque d’être impitoyable pour les plus naïfs, les plus faibles, bref, les moins aguerris.

Ces dernières années ont en effet laissé apparaître une montée du nationalisme, du protectionnisme et de l’isolationnisme, à commencer par les Nations leaders de la planète. La mondialisation qui semblait être le chemin tout tracé de l’avenir du monde, est en train d’être battue en brèche.

La fameuse « crise des migrants » a sans doute offert l’une des plus belles illustrations de cet état de choses. Elle a montré des pays développés de plus en plus recroquevillés sur eux-mêmes, avec des idéologies nationalistes dans le sens le plus extrémiste, qui gagnent du terrain en politique, au fil des élections.

Et Paul Biya qui lit bien les signes, se fait le devoir d’attirer l’attention de ses jeunes compatriotes sur la nécessité d’être mieux armé, d’adapter leurs aspirations à cette nouvelle configuration du monde qui se dessine lentement mais sûrement.

Le chef de l’Etat avertit : ce monde est clairement « plus rigoureux, moins ouvert » et susceptible d’être plus difficile à vivre pour les pays en développement. Et ces jeunes qui prendront la direction des affaires dans les années à venir, se doivent d’être préparés. Paul Biya ne joue pas avec les mots pour le dire : « Il convient que vous soyez à la hauteur de l’enjeu, en disposant de compétences et de l’expérience requises. »

Etre à la hauteur, selon le président de la République, c’est par exemple ne pas compter aveuglément sur la solidarité internationale. Même s’il convient de se féliciter des opportunités qu’offrent la coopération avec les partenaires de poids comme l’Union européenne, la Chine, l’Inde, le Japon ou encore la Corée du sud, « l’effort principal » doit venir de nous-mêmes.

Pour le cas du Cameroun, il s’agit d’offrir la meilleure formation possible à ses fils et filles. Paul Biya et son gouvernement s’y attèlent depuis plusieurs années, comme l’attestent les 15% environ de la dépense publique, affectés aux départements ministériels en charge des domaines éducatifs.

Enseignement supérieur, enseignements secondaires, éducation de base, emploi et formation professionnelle jouissent en effet d’une attention spéciale dans le projet de société du président de la République. Et les investissements parlent d’eux-mêmes.

Il s’agit ensuite pour les jeunes une fois formés, ou en cours de formation, d’apprivoiser les nouveaux filons du développement et de la croissance économique. Les technologies de l’information et de la communication ou encore l’agriculture sont des niches sûres.

Et le chef de l’Etat qui en a fait un véritable leitmotiv de son discours depuis plusieurs années, ne peut s’empêcher de revenir à la charge. Il est sans doute encouragé par les succès retentissants de ce qui commence à être un véritable label sur la place TIC mondiale : le génie camerounais. Des jeunes formés dans le système éducatif camerounais ont séduit la planète par leur savoir-faire et leur sens pratique.

Ils sont des dizaines à remporter des prix à l’échelle mondiale, des dizaines à produire des biens et services dont la pertinence fait l’unanimité d’abord dans leur pays d’origine, auprès des communautés nationales, avant d’aller légitimement à la conquête du monde. L’avertissement de Paul Biya indique bien qu’il y a deux attitudes : celle de l’insouciance et celle de la maturité.

En gros, pour se tirer d’affaire dans le monde d’aujourd’hui et de demain, il vaut mieux avoir des choses à apporter. Cette touche qui fait qu’un William Elong, 24 ans, puisse sans le moindre complexe, se fondre dans l’univers des producteurs de drones avec ses arguments de Camerounais. Qu’un Arthur Zang puisse proposer son Cardiopad mondialement reconnu à n’importe quel cardiologue de la planète.

Que le poivre camerounais aujourd’hui labellisé puisse s’afficher fièrement sur une table en Asie du sud-est. Ce sont quelques exemples. Paul Biya invite les jeunes Camerounais à les multiplier. C’est une question de survie. A l’allure où le monde va, la première chose serait déjà d’aimer son pays.
 

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