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« Nous avons des logiciels anti-plagiat »

24 heures
Grégoire DJARMAILA | 12-04-2018 07:17

L'explication

Pr Idrissou Alioum,  Recteur de l’Université de Maroua.

 Des travaux de thèse de doctorat/PhD viennent d’être rejetés à l’Université de Yaoundé II pour cause de plagiat, quelle est l’ampleur de ce phénomène dans l’Université dont vous avez la charge ?

Le phénomène du plagiat est malheureusement connu et semble très répandu dans l’enseignement supérieur au Cameroun et ailleurs. Par conséquent, l’Université de Maroua ne fait pas exception que ce soit au niveau des travaux du cycle de master ou du niveau de doctorat ou même encore des productions scientifiques telles que les articles et les ouvrages. Il est vrai que dans d’autres domaines également, ce phénomène est mentionné mais moins médiatisé, à la différence de l’écho tonitruant que cela revêt dès lors que l’enseignement supérieur est indexé, car ce dernier apparaît comme le socle de la formation et de la recherche et est régi par des principes et règles éthiques et déontologiques consacrés. A l’Université, le plagiat concerne aussi bien les travaux universitaires réalisés par les étudiants que la recherche scientifique conduite par les enseignants-chercheurs et cela ternit malheureusement l'image de l'Université Camerounaise.

Quelles sont les mesures que vous avez prises ou envisagées pour juguler le phénomène ?

A l'université de Maroua, plusieurs niveaux d'intervention sont opérationnalisés. Le premier cadre d’intervention concerne la consécration des enseignements axés sur la rédaction des travaux scientifiques et pour faire simple : la systématisation des cours de méthodologie générale de la recherche. C’est dans les arcanes et techniques de ce champ épistémologique et axiologique que les fondamentaux sont rappelés, par exemple le sens, les formes et la pertinence des citations et autres références bibliographiques et historiographiques. Cette phase pourrait être qualifiée de « phase pédagogique ou formative ». Le second cadre d’intervention réside dans l'encadrement des étudiants par leurs directeurs et autres superviseurs dont l’une des tâches consiste également à outiller sur le plan théorique voire pratique les étudiants placés sous leur responsabilité en matière de maîtrise des règles scientifiques. Cette phase apparaît comme le prolongement de la précédente.

Qu’en est-il du troisième cadre d’intervention ?

Pour ne prendre que l’exemple le plus courant qui est celui de l’encadrement des doctorants, il consiste en l’organisation de deux séminaires par an et pour lesquels, l’état d’avancement des travaux est apprécié devant des jurys composés des experts de l'Université de Maroua mais aussi de ceux venant d'autres institutions universitaires. Cette phase d'encadrement pourrait être qualifiée selon une formule usitée en santé publique de « phase préventive » car elle permet de recadrer les étudiants et éventuellement de traquer des tentatives de plagiat. Enfin, nous avons des logiciels anti-plagiat installés dans toutes les grandes écoles et les facultés. Par exemple, le Centre de Ressources en Technologies Educatives (CRTE) de l'Ecole Normale Supérieure est un centre d'excellence où les thèses de doctorat, les mémoires de master et de DIPES II sont passés au crible pour éviter la contrefaçon ou l'achat des travaux universitaires. Il s'agit ici de la « phase curative ». Nous sommes certes conscients des limites de ces logiciels mais ils apparaissent comme des lanceurs d’alerte.  Nos logiciels de détection de plagiat nous indiquent le taux de plagiat et le taux d'originalité dans les travaux de Master et de Doctorat. Sous un certain seuil d'originalité, le logiciel anti-plagiat propose le rejet pur et simple du travail proposé par le candidat.

 

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