Daniel Etounga-Manguelle: « Il est indispensable de savoir d’où vient l’argent »

Ingénieur, économiste, consultant international, auteur de l’essai intitulé :  « D’où vient l’argent es blancs ? »

 

Quel sens donnez-vous au mot argent dans votre ouvrage,  et quelle réponse retenir de l’interrogation qui est au cœur de la réflexion ?


En vérité, le mot « argent » doit être entendu ici  comme la traduction de la  prospérité et de la viabilité économique  du groupe humain qui utilise cet instrument d’échange. Ce n’est pas un  hasard  si je fais référence dans mon livre aux  écrits fondamentaux de M. Bernard Lietaer, un  banquier central  belge, professeur à l’université de Louvain, dont le livre très documenté intitulé « Au cœur de la monnaie : systèmes monétaires, inconscient collectif, archétypes et tabous », est particulièrement éclairant sur ce qu’est véritablement « l’argent ». En réalité, l’argent nous permet d’accéder à d’autres paradigmes qui sont déterminants dans le processus du développement économique des peuples et des nations. Voilà pourquoi il est indispensable de savoir d’où il vient.

 

D’après vous, que doit faire l’Afrique en général et le Cameroun en particulier pour accélérer son décollage économique ?


A mon sens, trois ingrédients sont essentiels  pour accélérer le développement économique de nos pays : d’abord, bien éduquer nos populations, ce qui passe par la mise en œuvre d’une vigoureuse politique de formation des  ressources humaines, en faisant montre tout au long de ce processus d’une intransigeance absolue sur la quête de l’excellence académique.  Je suppose que vous voyez ce que je veux dire ? Ce projet de formation massive qui doit permettre  de relever le niveau général d’éducation des masses populaires, notamment en ce qui concerne les connaissances techniques, doit se faire dans une optique de mise au travail de la totalité de la population active. L’objectif ultime étant le plein emploi qui constitue le deuxième ingrédient.

 

Y a-t- il des décisions courageuses à prendre au plan monétaire, puis, dans la définition et le pilotage  de nos politiques économiques ?


Les réponses que je viens de vous apporter indiquent clairement, me semble-t-il, les domaines vers lesquels nous devons portez nos efforts. Mais, je crois qu’il y a ici une équivoque qu’il convient de lever définitivement. Il ne suffira pas simplement de mettre en place de nouveaux mécanismes, de battre monnaie  ou de créer une pléthore de nouvelles institutions. Le changement réel  ne viendra que de la modification de nos attitudes et de nos comportements  vis-à-vis de ce que j’appellerai « le bien commun ». Il faut que nous sachions qu’il y va de la crédibilité et de la pérennité des nations africaines.

 

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