Accidents en série: des sanctions tombent

Ces mesures ont été prises par le ministre des Transports (Mint) lors d’une réunion de crise hier à Yaoundé.

Avec une centaine de morts recensés en un mois sur les axes routiers, le gouvernement a pris le taureau par les cornes. L’objectif étant de mettre un terme aux hécatombes dont 80% sont causées par des erreurs humaines. Avec la rentrée scolaire qui est imminente et qui sera accompagnée de l’affluence dans les agences de transport interurbain, le MinT a voulu redéfinir les rôles et ramener les responsables des agences à l’ordre. Au cours d’une réunion de crise à laquelle prenaient part les acteurs du secteur des transports routiers, le ministre délégué auprès du ministre des Transports, Mefiro Oumarou, s’est voulu très clair. Avant toute chose, il a annoncé la suspension de certaines agences de voyages incriminées dans les récents accidents de la route ainsi que la suppression de sept permis de conduire. « Le gouvernement ne veut plus de morts sur nos routes.  Nous tenons à rappeler aux opérateurs de ce domaine avec qui nous sommes en partenariat qu’il y a un cadre réglementaire à respecter. Nous voulons bien qu’ils se fassent de l’argent, mais ils doivent respecter le cadre réglementaire. Le cas échéant, nous allons les extirper du groupe », a déclaré le ministre délégué.
De cette concertation, l’on retiendra que toutes les parties prenantes doivent chacune jouer sa partition pour mettre un terme à ces drames évitables. C’est ainsi que des mesures urgentes ont été prises à tous les niveaux. Au-delà des problèmes de salaire, de convention collective, des relations professionnelles patrons-employés, des relations avec l’administration, des mesures urgentes doivent être prises à tous les niveaux énoncés. Concernant les agences de transport interurbain, il leur a été demandé de produire dès lors, la liste de tous les chauffeurs d’agences qui sont effectivement enrôlés, de sorte que si un conducteur ne fait pas partie de cette liste, la responsabilité revient à l’agence qui sera immédiatement suspendue pour au moins un mois. Par ailleurs, le ministre a indiqué que cette action sera coordonnée avec le concours de la police et de la gendarmerie nationale via des contrôles au niveau des agences.
De même, l’administration va assurer la répression et engager la responsabilité des promoteurs qui doivent s’assurer du bon état des véhicules et des conducteurs. « Tout ce qui sera en mauvais état, conducteur comme véhicule sera mis hors d’usage à travers les alcooltests, la vérification de l’état technique, le contrôle de la vitesse et le nombre de rotations que chaque chauffeur fait, le contrôle des dispositifs de repos. Un contrôle de dispositif réglementaire que la brigade va assurer », a précisé Mefiro Oumarou. Après cette période de forte pression, les rencontres vont se multiplier sur la plateforme pour prendre des mesures plus durables en vue d’assainir complètement le secteur des transports routiers au Cameroun.
 

 

Réactions

 

Romeo Douana: « Nous devons éviter les surcharges»

Chef d’agence General Express, Yaoundé

« Nous devons tout  d’abord  éviter les surcharges au sein de nos véhicules car ceux-ci ont un nombre limité de places. Toutes les agences doivent avoir un GPS car il permet de repérer la voiture et même de contrôler sa vitesse. Au-delà du GPS, nous devons entretenir les véhicules, nous assurer qu’ils sont de bonne qualité, faire une révision chaque semaine et s’assurer de la bonne conduite des chauffeurs. Ces derniers sont parfois en état d’ivresse et lorsqu’ils se mettent en route, ils ne contrôlent pas leur vitesse ».

Prosper Essomba: «  Nous ne travaillons pas assez »

Syndicaliste

« Nous sommes en partie responsables des accidents routiers car nous ne travaillons pas assez, nous les leaders syndicalistes. Nous oublions les missions qui nous sont assignées et sur ce, pour éviter les accidents routiers nous devons tout d’abord  être rigoureux avec les chauffeurs pour que ces derniers ne prennent la route en état d’ébriété ou de fatigue. Nous devons également sensibiliser les chefs d’agence pour que ces derniers donnent des instructions à leurs chauffeurs afin d’éviter la surcharge ».

 

Moise Vokeng: «Nous avons un problème d’infrastructures »

PDG société VOKS International

« Nous proposons la formation des chauffeurs de transport car ces derniers ne reçoivent pas une bonne formation en conduite. Nous avons un problème d’infrastructures : nos routes sont en mauvais état et cela ne peut que causer des accidents. Dans les différentes agences, il doit y avoir permutation des chauffeurs car la fatigue et le stress peuvent également entraîner la mauvaise conduite des chauffeurs ce qui cause des accidents ».
 

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