24 heures avec les Lionnes

Sur le stade ou loin de la pelouse, les joueuses de la sélection nationale de football féminin affichent vitalité et sérénité.

« Oya ».  Le cri est strident, puissant et ferme.  C’est l’appel au repas. La voix de la capitaine, Christine Patience Manie porte haut le message dans chacune des chambres de ses coéquipières. Le double cliquetis des portes. Des foulées pressées dans les couloirs de cet étage de l’hôtel Akonois. Juste quelques secondes. Et plus personne qui traîne. Les 26 Lionnes en stage sont là, réunies au restaurant. Le fumet donne du sourire.  Il est 19h27 le mercredi 21 septembre 2016. C’est l’heure du dîner pour les Lionnes indomptables du football. La table est prête avant 19h30, Au milieu de ce paysage de carte postale qui ne fera pas oublier ces séances intenses, un repas du pays. Loin du menu de sportif auquel elles sont habituées. Le fumet des épices et cette senteur spéciale de farine ne trompe pas. C’est couscous de manioc-gombo, en plat chaud du menu principal du dîner des Lionnes. De nombreux fruits sont proposés. Une fois par semaine, elles peuvent se permettre cette escapade culinaire en quantité réduite à 57 jours de la CAN féminine (19 novembre au 3 décembre).

C’est jour de prière pour Isis Sonkeng. Comme elle l’a fait pour le dîner, c’est elle qui a dit la prière au petit-déjeuner à 7h30 avant l’entraînement, c’est elle qui l’a dirigée au déjeuner à 13h, c’est encore elle qui a prié lors du regroupement de l’équipe au terrain de football du collège Stoll d’Akono. Les populations d’Akono se sentent privilégiées. Applaudissements, sourires, photos : la ville se montre chaleureuse vis-à-vis de ses favorites à la prochaine coupe d’Afrique des nations. Contre Apejes de Mfou en match amical mercredi dernier, la sélection a peut-être perdu par 2-1, mais c’était un grand moment. Blaise Esso, autochtone de la localité, a trouvé sa place sur le banc de touche des Lionnes.

Chez les Lionnes, la prière est au centre de tout et chacune a son jour. A table, elles rient de tout et de rien. Elles chambrent la façon de se servir d’une coéquipière. Elles imitent une autre. Adelaïde Ndzie, enseignante, se souvient avoir vu dimanche, l’équipe sur le chemin de Notre Dame des sept douleurs (chapelle construite en 1933) : « On sent de la concentration dans cette équipe. Elles sont unies », confie-t-elle. La ville d’Akono (18 km de Yaoundé) dans le département de la Mefou-et-Akono (région du Centre) est l’hôte des Lionnes pour leur cinquième regroupement, depuis le 12 septembre dernier et qui s’achève demain. Pour ses «préférées », il a poussé la chanson, encore.

Chez les Lionnes, c’est l’alternance travail et bien-être. C’est primordial.  Les mal coiffées sont chambrées parce qu’entre elles, il y a des tresseuses nées.  Rose Bella a le crâne bien tondu, mais c’est l’une des coiffeuses des Lionnes, spécialiste des tresses. Sollicitez la coupe de votre choix. Avec Doudou Ousmane aussi, joueuse de Sawa United, le groupe est servi.

Qui pour faire rire ? Tout le monde. Le sélectionneur pour détendre demande d’ailleurs à Augustine Sylvia Ejangue comment va son « chaud » (petit ami). La capitaine vanne, les jeunes, les membres du staff aussi. Mais, la reine des pitreries, c’est Géneviève Ngo Mbeleck. Elle a un répertoire inestimable et sait faire rire sur tout et de tout.

Ces joueuses sont réticentes quand il s’agit d’évoquer leurs habitudes, leurs secrets. « Je n’aime pas parler de notre intimité. La prière fait partie de nos petites habitudes », lance Christine Patience Manie qui essaie de protéger les siennes. C’est dans sa chambre que la journée s’achève. On ne s’est presque pas rendu compte du temps passé, qu’il est déjà 22h. Les lumières s’éteignent à l’hôtel Akonois en attendant le lever du soleil.

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