Nécrologie: il s’appelait Mballa Rogers

Le musicien est décédé dans la nuit du 19 au 20 octobre dernier à l’âge de 62 ans, victime d’un AVC.

Mballa Rogers n’est plus. L’auteur de la célèbre chanson « Ma ding wa » est décédé dans la nuit du 19 au 20 octobre dernier à son domicile situé à Nkolngock par Mbalmayo dans le Nyong-et-So’o. Malade depuis quelque temps, il se remettait difficilement de deux accidents vasculaires cérébraux (AVC), d’après ses proches. La nouvelle de sa disparition a été rendue publique par Gilbratar Dracus et la famille de l’artiste. Né en 1955, Mballa Rogers de son vrai nom Roger Mballa Owona, une des figures du bikutsi et de la musique camerounaise, est devenu célèbre au début des années 80. Il débute sa carrière aux côtés de Messi Martin. Si sa voix délicate mais pourtant puissante est l’un de ses principaux identifiants, Mballa Rogers est pourtant connu à ses premières heures comme un guitariste. Il en jouait d’ailleurs au sein de la formation « Ozima » montée par Ange Ebogo Emerent dans les eighties.  C’est aux côtés de cette autre icone de la musique camerounaise qu’il enregistre son premier album. « J’avais formé une équipe de chœurs composée de moi, Mballa Rogers, Gibraltar Drakus, Sala Bekono, Mbarga Tino, Soul Mangouma et bien d’autres comme Cathy Assendzy. Notre arrangeur c’était Victorien Essono et notre producteur Ekom Samuel dit Caporal », se souvient Ange Ebogo Emerent. Ensemble, ils parcourent différentes scènes sur le plan national, en Afrique et dans le reste du monde. C’est toujours à travers Ange Ebogo Emerent et le groupe « Ozima » que Mballa Rogers produit son inoubliable album en collaboration avec « Les Têtes Brûlées ». Baptisé « Mballa Roger’s et Les Têtes brûlées », le 33 Tours de quatre morceaux (« Ndzeng-Medjo », « Enyin-Mimbom », « Kom’Ndene » et « Nde’one na ? ») lui permet de s’imposer  dans le bikutsi. La suite de sa carrière connaîtra aussi d’autres grands succès, comme « Ma ding Wa », « Ntobo », « Bibuk biflatter », mais aussi« Etuk Mbe ». Les témoignages de ces hommes et femmes avec qui il a traversé des décennies de l’histoire de la musique sont élogieux. « Nous perdons l’un des meilleurs chanteurs de ce pays, et je n’exagère pas. C’était un garçon modeste qui savait vivre avec tout le monde. Oui, il avait cette modestie qui manque à beaucoup », a déclaré Ange Ebogo Emerent. Gibraltar Drakus lui se souvient d’un « frère, d’un ami ». Victorien Essono qui avait l’habitude de s’occuper des arrangements des albums de Mballa Rogers affirme qu’il voulait se remettre en selle. La vie ou plutôt la mort en a décidé autrement.

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