L’amitié entre Etats, comme l’amitié entre les êtres humains, est nourrie par les mamelles de la franchise et la sincérité. L’amitié sans franchise est hypocrisie ; l’amitié sans sincérité est simulation et dissimulation. L’amitié durable est celle dans le cadre de laquelle les partenaires échangent et discutent librement, reçoivent mutuellement l’un de l’autre. Mais, l’amitié n’est pas fusion de l’un dans l’autre, encore moins confusion des deux partenaires. Dans une relation d’amitié entre Etats, chaque Etat conserve son identité et assume son droit à la différence, sans préjudice du partage des valeurs communes. Il en découle une dialectique qui fait la richesse de ladite relation.
Read also : Hémodialyse : la prise en charge a reprisCe sont ces considérations générales qui président à la réception in limine litis de la récente déclaration de l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Cameroun ; déclaration dans laquelle il est proposé au Président de la République de penser à son héritage, à sa place dans l’histoire en s’inspirant notamment des modèles de Nelson MANDELA et de George WASHINGTON.
Read also : Exécution du budget d’investissement public : performance appréciable en 2020C’est une déclaration qui, bien qu’ayant surpris certains qui y voient une ingérence manifeste dans les affaires internes, doit être considérée comme participant de la dynamique des relations amicales entre les Etats-Unis et le Cameroun. Il ne s’agit que d’une suggestion de la part d’un ami qui ne saurait se substituer à l’auto-détermination du Président de la République et du peuple camerounais. Parce qu’il s’agit de la suggestion du représentant d’un Etat ami, d’un Etat allié dans la lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime, dans la lutte contre le SIDA et dans la promotion du développement, c’est une déclaration qui mérite attention et réflexion.
Read also : Fête nationale du 20 mai : communion spirituellePremière Considération : Prendre la déclaration de l’Ambassadeur des Etats-Unis pour ce qu’elle est
Read also : Dépistage des voyageurs : soupçons de trafic des résultatsLa déclaration de l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, pour aussi médiatisée et instrumentalisée qu’elle a été, doit être prise pour ce qu’elle est, c’est-à-dire l’expression d’un point de vue.
Read also : 49e Fête nationale : pas de cérémonies officielles- Il s’agit d’un point de vue qui ne saurait être considéré comme un dogme. C’est un point de vue relatif, discutable et déjà discuté sur les plans de la forme et du fond ; c’est un point de vue contredit par la fréquence et la pluralité des motions de soutien appelant à la candidature du Président de la République, M. Paul Biya, à l’occasion de la prochaine élection présidentielle. En tant que représentant d’une société ouverte et démocratique, exerçant ses fonctions dans une démocratie en voie de consolidation, l’Ambassadeur des Etats-Unis ne revendique certainement pas un quelconque monopole de la vérité. D’ailleurs, en rendant publique son opinion, il savait d’avance que l’espace public est le lieu par excellence de la contradiction et de la discussion. Et, de nombreux arguments liés aux enjeux et défis de l’heure permettent de réfuter le point de vue de l’Ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun.
Read also : Lutte contre le coronavirus : la situation se stabilise à nouveau- Le point de vue exprimé par l’Ambassadeur des Etats-Unis ne saurait être considéré comme une injonction adressée au Président de la République. D’abord, parce qu’en tant que garant de la souveraineté et de l’indépendance nationales, le Président de la République ne saurait accepter la moindre pression extérieure ; ensuite, parce qu’en tant que citoyen jouissant de ses droits civils et politiques, comme de nombreux autres camerounais, M. Paul Biya est libre de présenter ou non sa candidature à l’élection présidentielle ; Enfin, parce que, comme tout être doué de raison, M. Paul Biya est le législateur de sa propre conduite.
Read also : Médias : la crédibilité de l’information en question- Le point de vue exprimé par l’Ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun ne saurait être présenté comme un nouveau paramètre de la vie politique nationale. Au plan juridique, il est constant que le choix des dirigeants relève du domaine réservé des Etats et du droit à l’autodétermination de chaque peuple. Au plan politique, c’est au peuple souverain de choisir, en toute liberté et transparence, ceux et celles qui doivent le diriger.
Read also : Oil Transportation : New Quay Goes Operational- La déclaration de l’Ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun est une contribution à la réflexion du Président de la République. En fait, le Président de la République, en tant qu’il se distingue notamment par l’écoute, l’ouverture et la tolérance, reçoit constamment de nombreux messages de provenance, d’origine et de nature diverses. On peut légitimement penser que le moment venu, le Président de la République pèsera et soupèsera sur la balance de son jugement, puis décidera en privilégiant les intérêts supérieurs de la nation dont il est le garant et en tenant compte des attentes, des enjeux et des défis dont il est à la hauteur.
Read also : Animation politique : les médias à la rescousseAu total, la déclaration de l’Ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun doit être prise pour ce qu’elle est, comme la contribution du représentant d’un Etat ami à un débat démocratique qu’il revient exclusivement au peuple camerounais de trancher, en toute liberté, dans le cadre de l’exercice de sa souveraineté.
Read also : Conseil d’administration : Blaise Moussa aux commandesDeuxième considération :
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