Madagascar: controverses électorales à répétition

 La crise qui secoue le pays, depuis un mois environ, est amplifiée par la perspective de la présidentielle de novembre 2018.

L’opposition accuse le président de la République, Hery Rajaonarimampianina, d’avoir initié des lois susceptibles de lui garantir la victoire au prochain scrutin. Cautionner une telle thèse serait faire croire que le chef de l’Etat dispose d’une majorité politique susceptible de lui assurer des votes à l’Assemblée nationale.

Ce qui n’est guère évident, car pour être élu président de la République, Hery Rajaonarimampianina n’a pas bénéficié du soutien total  du MAPAR, le parti de l’ancien président de la République, Andry Rajoelina, dont il fut le ministre des Finances.

Investi président de la République, l’expert comptable de formation a pris ses distances vis-à-vis de l’ancien parti au pouvoir et d’Andry Rajaoelina, à leur corps défendant. Il n’est pas établi non plus que le chef de l’Etat ait pu constituer, entre-temps, une formation politique d’envergure. Même s’il bénéficie des soutiens en dehors des partis.

On sait par ailleurs que les deux principaux protagonistes  de la précédente grave crise malgache  les anciens présidents Andry Rajoelina et Marc Ravalomana n’ont pas digéré d’avoir été écartés de la course à la magistrature suprême par la Communauté de développement des Etats d’Afrique australe (SADC).

Pour dénouer la crise issue de la chute de Marc Ravalomanana et la prise du pouvoir par Andry Rajoelina avec le soutien de l’armée, la SADC avait dû prendre la mesure draconienne de les y éloigner. Marc Ravalomana dut requérir de son parti l’investiture de son épouse, Lalo Ravalomanana.

Les carottes étaient pourtant déjà cuites pour le camp de l’ancien président et la voie ouverte pour Hery Rajaonarimampianina qui n’eut pas beaucoup de difficultés pour se faire élire en l’absence des deux figures de proue de la scène politique.
Les Malgaches n’ont pas oublié qu’à une certaine époque, les anciens présidents Albert Zafy et Didier Ratsiraka occupaient également la scène politique.

Ils font de moins en moins parler d’eux. Par contre, le dénominateur commun d’Andry Rajoelina et de Marc Ravalomanana est qu’ils sont relativement jeunes. Ils ont de la peine à renoncer à leurs ambitions politiques. L’un et l’autre ont également exercé les fonctions de maire de la capitale Antananarivo. Par la suite, ils ont accédé à la fonction présidentielle.

A la suite d’une élection pour Marc Ravalomanana. Avec le soutien de l’armée pour Andry Rajoelina. Le rapprochement des rivaux d’hier ne surprend donc pas. A défaut de se lancer de nouveau à la course à la présidence, il n’est pas exclu qu’ils cherchent à placer l’un des leurs. Ils peuvent, en tout cas, compter sur leurs partis aguerris par les batailles politiques.

Pour leur part, les députés, ayant choisi de contester les nouvelles lois électorales, espèrent faire pencher la balance en faveur de leurs partis politiques dans le cadre d’un possible réexamen desdites lois. Encore faut-il déblayer le chemin de la présidentielle. Requise pour statuer sur les lois querellées, la Cour constitutionnelle n’a pas trouvé grâce aux yeux de l’opposition. La même opposition soupçonne la médiation de jouer le jeu du camp présidentiel.

Il faut pourtant que les voies et moyens de la prochaine présidentielle soient déterminés dans la sérénité. De ce point de vue, l’ouverture des pourparlers de haut niveau annoncés par l’envoyé spécial de l’Union africaine et les autres émissaires de la Communauté internationale est un signe encourageant.

Rendues possibles par l’accord préalable des principaux partis politiques, ces négociations sont censées déboucher sur un projet d’accord politique  devant permettre une évolution sereine vers l’organisation de la présidentielle au mois de novembre. C’est-à-dire à la date prévue par la Constitution.
 

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