Mora: la sérénité retrouvée

 Finie la période des attaques répétées de Boko Haram, le rythme normal des activités a repris.

Mora le 16 mai 2018 en matinée, notre attention est d’abord attirée par un fait qui peut paraître anodin ; la modification du décor intérieur d’un immeuble qui jouxte l’établissement hôtelier où nous avons déposé nos valises. Il s’agit précisément d’un débit de boissons.

« Ces aménagements ont été faits il y a trois mois ; question de contenir les centaines de clients qui, chaque soir viennent encourager les artistes musiciens qui prestent ici », nous apprend notre guide. Le lot de décibels est tel que les clients des hôtels environnants ont du mal à profiter de la moindre tranquillité.

Heureusement, peu après 22 h, le commandant de la brigade territoriale de Mora est allé personnellement exiger la fermeture de ce snack-bar, l’heure légale d’ouverture étant largement dépassée. C’est dire combien la vie a repris dans le département du Mayo-Sava en général et dans la ville de Mora en particulier.

Le lendemain, aucune inquiétude de voir les lieux de restauration fermés pour cause de jeûne du ramadan. Un tour effectué dans la ville donne plutôt une belle image de Mora malgré l’arrivée massive des humanitaires et autres personnalités œuvrant dans le cadre de la guerre contre les terroristes des Boko Haram, il y a à manger pour tous dans les restaurants.

Toutes les activités bougent à Mora. Les établissements scolaires ont fonctionné à plein régime tout au long de l’année scolaire qui tire à sa fin. Il en est de même dans toutes les administrations aussi bien publiques que privées. La psychose des Boko Haram est balayée, bien que les populations restent extrêmement prudentes, prêtes à dénoncer toute présence suspecte.

Les échanges entre la localité d’Amchidé au Cameroun et Banki, côté nigérian sont effectifs, bien qu’officiellement cette frontière, véritable poumon économique pour nos recettes douanières soit toujours fermée. Actuellement, les produits nigérians inondent déjà frauduleusement le département du Mayo-Sava.

La ville de Mora, pour ne parler que d’elle, ne cesse de faire sa mue ; ici, des bâtiments sortent de terres, là, ils reçoivent des coups de pinceaux. Quand on sait que le gouvernement a lancé les travaux de réhabilitation des tronçons routiers Maroua-Mora et Mora-Dabanga-Kousseri et les effets d’entraînement que vont générer ces investissements, on peut affirmer qu’à la faveur de cette paix retrouvée, Mora va retrouver, voire même dépasser son lustre d’antan.

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