Assassinats à Maroua: la compassion du président de la République

Le drame s’est produit autour de 2 heures, le vendredi 8 juin 2018 dans la localité de Mangavé-Djalingo à une vingtaine de kilomètres de Maroua, une banlieue de la commune du 2e arrondissement de la ville. Des assaillants lourdement armés de fusils et d’armes blanches font irruption dans cette bourgade.

Ils sont sur six motos, selon les témoignages. Leur première victime est Sa majesté Amadou Alilou, le chef de 3e degré de Mangavé-Djalingo. C’est un commerçant exerçant au marché central de Maroua. Les malfrats lui demandent de l’argent liquide. Sans discuter, le chef leur remet une somme de 2,7 millions de F. Ils estiment que celle-ci n’est pas suffisante.

Sans lui donner une autre chance, ils le ligotent puis l’égorgent. Sous le regard de son épouse ; celle-ci aussi est molestée et grièvement blessée. Après cet acte, ils font le tour des maisons, semant la terreur et tuant six autres personnes dans le village. Les membres des comités de vigilance alertés sortent de toute part et organisent la résistance. Des affrontements qui s’en suivent, on dénombre cinq malfrats abattus, et six autres neutralisés et mis sous exploitation, ce qui fait un bilan de 13 morts.

A mettre aussi à l’actif des membres des comités de vigilance, deux motos des malfrats arrachées. Informé de cette situation, Midjiyawa Bakari, le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord est descendu sur le terrain, au nom du chef de l’Etat, pour apporter du réconfort aux familles des victimes.

Il leur a remis des appuis financiers afin d’organiser les obsèques des disparus. Aux membres des comités de vigilance, le représentant du président de la République a aussi remis une enveloppe ; question de les galvaniser dans leur travail de veille.

L’enquête ouverte permettra de déterminer l’origine des assaillants. Près de deux semaines avant cet acte ignoble, le chef traditionnel de Mangavé-Djalingo avait reçu un tract dans lequel les malfrats l’avertissaient qu’ils allaient lui rendre visite. La raison : celui-ci avait interdit la traversée du carburant de contrebande dans son village car il soutenait que ce carburant en question servait au ravitaillement des Boko Haram.

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