L’éclaircie sénégalaise

Bulltin

Le Sénégal aura donc été jusqu’ici la seule équipe africaine à inscrire en lettres d’or une précieuse victoire sur les  tablettes de la Coupe du monde 2018. Un succès convaincant imposé avec la manière. Dès la première seconde, les Sénégalais se sont jetés dans la bataille, jouant sans complexe, visiblement déterminés à faire la différence.

Un démarrage en trombe qui  tranchait nettement avec l’attitude frileuse de la plupart des équipes africaines présentes au Mondial russe. Contrairement à ses homologues d’Egypte, du Maroc, de Tunisie ou du Nigeria qui ont  opté pour un excès de prudence, avec pour principal objectif de ne pas perdre, voire de limiter les dégâts, Aliou Cissé, le coach sénégalais, a su tenir à ses poulains le langage de la vérité pour mieux les galvaniser et les porter au-delà des limites du possible.

Ce discours du fighting spirit et de la gagne est passé comme une lettre à la poste. Avec pour effet immédiat de redonner de l’envie, de gonfler à bloc le moral  d’un groupe qui semblait jusque-là tétanisé par l’enjeu et le poids d’une prétendue malédiction qui empêcherait les Africains d’imprimer leurs marques dans cette coupe du monde. La victoire du Sénégal est donc, avant tout, le fruit de l’engagement, de la volonté et de la détermination

Il faut reconnaître, à l’évidence, qu’avant le coup de tonnerre sénégalais, les représentants de l’Afrique n’avaient pas impressionné grand monde par leurs prestations sur le terrain, les  quatre premiers matchs disputés précédemment s’étant soldés par autant de défaites face à des adversaires parfois prenables.

Malgré l’échec, la Tunisie avait toutefois montré la voie en réussissant à marquer le premier but d’une équipe africaine dans cette compétition, imité mardi soir par l’Egypte, certes éliminé, mais qui a sauvé l’honneur face à la Russie. Le compteur des buts étant ainsi ouvert, le Sénégal était dans l’obligation de faire mieux pour redorer le blason du  football africain.

Sadio Mané et ses coéquipiers l’ont fait avec panache, asphyxiant littéralement des adversaires à priori supérieurs mais en manque de repères.  La victoire sénégalaise repose sur trois triptyques : l’aisance technique, la discipline tactique et la solidité mentale. Les Lions de la Teranga ont gagné parce qu’ils avaient plus d’envie, plus de motivation, et plus de fierté. Contrairement à tant d’autres sélections africaines tentées par le service minimum.

On a pu voir à quel point la fraîcheur physique alliée aux ressources psychologiques peut transfigurer une équipe sans grandes individualités pour en faire une redoutable machine. A l’instar de la victoire du Sénégal contre la France en match d’ouverture de la Coupe du monde 2002, le triomphe de mardi soir apparait comme une éclaircie apaisante dans la grisaille ambiante.

C’est de bon augure pour la suite. L’attitude positive du Sénégal devrait en principe inspirer d’autres équipes du continent à l’instar du Nigeria qui joue son va-tout face à l’Islande. Il reste à souhaiter que les Lions sortent rapidement de l’euphorie pour se remettre au travail car le chemin est encore long et semé d’embûches. D’où la nécessaire concentration au maximum pour éviter toute mauvaise surprise.
 

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