Cinéma: Ben Fayçal, ce héros

Le jeune médecin décédé dans des circonstances tragiques en 2014 dans la région du Nord est au coeur d’un film-hommage signé Thierry Ntamack.

Avec tambours et trompettes, nombre de « philanthropes » adorent se pavaner devant les caméras, dévoilant leurs actes de grands seigneurs à des millions de téléspectateurs du journal télévisé.

De l’autre côté, dans l’ombre et l’anonymat total, des hommes dévoués sauvent des vies. Dr Ben Fayçal, le regretté directeur de l’Hôpital de district de Poli, situé dans le département du Faro, région du Nord-Cameroun, était l’un d’eux.

Ce jeune médecin mort à l’âge de 28 ans après une morsure de serpent a pourtant passé une bonne partie de son mandat à la tête de cet hôpital à prendre soin de tous ses patients, de ses propres poches et sans rien demander en contrepartie. Ce jour du 4 novembre 2014, où son décès brutal a secoué la localité de Poli, est passé presque inaperçu. Quelques articles brefs sur Internet.

Quelques lignes pour résumer de manière si sommaire une oeuvre si grande. Troublé par ce goût d’inachevé, le réalisateur, producteur et acteur camerounais Thierry Ntamack a pris sa caméra, et à travers un film où se mêlent fiction (très peu) et réalité, il donne un écho à la voix du Dr Fayçal et à celle d’autres médecins aussi dévoués. Ce long métrage présenté le 16 août dernier au Palais des Congrès à Yaoundé n’est pas un portrait plat ou un témoignage larmoyant.

C’est avant tout, selon Thierry Ntamack, « un hommage à ceux que j’appelle les héros de l’ombre. Tous ces médecins, infirmiers et même auxiliaires de santé qui font un travail remarquable et qui ne sont pas forcément à Yaoundé et à Douala, mais exercent dans des régions reculées et enclavées. » Pendant une heure et demie, le film ressort la bataille menée contre l’environnement hostile, le personnel médical à bout, découragé, et privés de moyens de travail.

Un monde dans lequel la bureaucratie a plus d’importance que la survie de malades. Pour briser ce décor sombre, le réalisateur choisit des séquences d’humour, bien emmenées par des hôtes de marque comme les comédiens burkinabés Souke et Siriki, mais surtout par l’Ivoirien Gohou, dans la peau d’un médecin corrompu et sans scrupules.

« Quand il m’a présenté le projet, j’ai adhéré tout de suite car les difficultés dans les hôpitaux ce n’est pas un problème camerounais, mais africain », a rappelé Gohou. On aurait pu apprécier à sa juste valeur ce clin d’oeil à toutes les personnes mortes de suite de négligences médicales, à toutes celles n’ayant pas les moyens de se soigner convenablement, à tous les problèmes du système de santé, si seulement la qualité du son était meilleure à cette Première du palais des Congrès.

Promesse de réalisateur : ce détail technique sera bien vite réglé, afin d’ouvrir au film les portes de festivals nationaux et internationaux, et permettre ainsi au monde d’entre l’histoire vraie du Dr Ben Fayçal.

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