Démocratiquement correct

Après un galop d’essai réussi en avril dernier dans le cadre des sénatoriales, le Conseil constitutionnel a eu à gérer un dossier plus complexe avec la présidentielle du 7 octobre 2018. On sait à quel point la course pour la charge suprême suscite mobilisation, engouement et intérêt, tant à l’intérieur du pays qu’en dehors des frontières nationales.

L’enjeu était donc de taille pour l’image et la crédibilité d’une institution qui représente une poutre maîtresse de l’architecture démocratique du Cameroun. A l’arrivée, il est loisible pour tous les observateurs avertis et objectifs de constater que la prestation des sages du Conseil constitutionnel au terme du contentieux électoral relatif à la présidentielle, aura été non seulement à la hauteur de la stature de l’auguste institution, mais également des attentes du peuple camerounais.

Il s’impose clairement à l’analyse que l’organe en charge de proclamer les résultats de l’élection présidentielle a dit le droit conformément aux lois et règlements de la République, surtout en parfaite conformité avec le Code électoral en vigueur au Cameroun. Un dénouement qui a été rendu possible non seulement grâce à la stature des membres du Conseil constitutionnel, de hauts magistrats et des universitaires de renom qui ont fait leurs preuves aux plans national et international, mais aussi grâce à une formidable capacité d’écoute de l’équipe de Clément Atangana.

Avec une patience à toute épreuve, ce dernier a prêté une oreille attentive à tous les requérants, dont certains n’ont pas hésité à profiter de la tribune qui s’offrait à eux pour déborder allégrement du champ dédié à la contestation du déroulement des élections. Ainsi, des avocats ont plaidé pendant des heures, sans qu’à aucun moment, la parole leur soit retirée. Même lorsque cela aurait pu se justifier.

Bien plus, les débats ont été intégralement retransmis en direct par la chaîne de télévision nationale, la Cameroon Radio and Television (CRTV), sans la moindre entrave. Le souci de transparence observé à d’autres étapes du processus électoral était manifeste, indéniable, afin de permettre au public le plus large de suivre le déroulement des différentes audiences. L’on en retiendra que la liberté d’expression des justiciables n’avait jamais été aussi consacrée, magnifiée au niveau des prétoires dans notre pays.

Au point que la plupart des auditeurs et téléspectateurs qui ont eu le privilège de suivre ces moments magiques n’ont pas caché ultérieurement leur fierté d’être fils ou fille du Cameroun. S’il est irréfutable que le corpus juridique du pays, en particulier le Code électoral est perfectible – ce n’est pas une exception camerounaise – force est de constater que notre expérience démocratique vient d’enregistrer des avancées appréciables. Des acquis qui ne demandent qu’à être consolidés dans l’optique d’un Cameroun meilleur.

Cela ne peut être que l’œuvre commune de tous, ainsi que nous y invite le président Paul Biya. En effet dans un tweet à ses concitoyens après la proclamation le 22 octobre dernier des résultats de la présidentielle, le chef de l’Etat a exhorté les uns et les autres à se serrer les coudes pour relever, ensemble, les défis qui interpellent aujourd’hui le Cameroun, ce beau pays que nous avons en partage.

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