« Il s'agit d'une question d'honneur »

Pr. Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Arts et de la Culture.

Dans un communiqué daté du 20 décembre 2018, vous annoncez la réappropriation par l’Etat, du concours Miss Cameroun. Quelles sont les raisons de cette décision ?


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Le chef de l’Etat, le président Paul Biya, dans son célèbre ouvrage « Pour le libéralisme communautaire », assigne à la culture un rôle de ciment de l’unité, de ferment de l’intégration nationale. La culture devant servir de socle à un vivre-ensemble harmonieux, à un vivre-ensemble en paix. Le Cameroun est une grande nation de culture. Il est respectueux de la culture et a fait de la diversité culturelle l’un des traits caractéristiques de son identité. Le Cameroun doit être respecté du monde quand il porte ou promeut des valeurs culturelles. Il y a donc une exigence de crédibilité et de prestige pour les labels emblématiques du pays, notamment dans le champ de l’action culturelle. Vous conviendrez avec moi que le concept Miss Cameroun mobilise des représentations et des perceptions en rapport avec l’image même du pays. Or, nous sommes dans le domaine des concours de beauté. Et la beauté ne s’accommode pas de la hideur, de la défiguration ou de la cacophonie. Or, la compétition Miss Cameroun a perdu ces dernières années en crédibilité et en prestige. Ceci en raison d’incidents et de dysfonctionnements récurrents. D’aucuns ont même parlé de scandales répétitifs. En considération aussi de nombreuses défaillances et carences ayant entraîné une décadence de la valeur de cette compétition qui focalise et mobilise l’attention du grand public. Il a aussi été relevé une espèce de déchéance de la confiance et une désaffection de l’audience en rapport avec cet événement auquel le Haut patronage et la présidence de la première dame ont été accordés, auquel aussi l’Etat apporte dans la mesure du possible un soutien financier et matériel. Je souligne que, pour les trois dernières compétitions par exemple, les primes de toutes les lauréates ont été payées par le MINAC. Le mauvais diagnostic fait que l’état des lieux du concours Miss Cameroun a amené l’Etat à prendre ses responsabilités. Ceci en vue de redorer le blason de la compétition, de restaurer la confiance du public et de rétablir tant la crédibilité que le prestige de l’événement au niveau tant national qu’international.


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Que répondez-vous à toutes ces personnes qui ont du mal à comprendre pourquoi l’Etat tient à s’impliquer dans l’organisation de ce concours de beauté ?


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Je tiens d’abord à rappeler que le ministère des Arts et de la Culture est bien dans ses rôles, attributions et missions. En effet, le décret présidentiel portant organisation du MINAC lui confère la responsabilité principale de la promotion et de la supervision des grands événements culturels nationaux (article 1er, alinéa 2) de même que de l’organisation des spectacles à l’échelle nationale et internationale. Tout en rendant hommage à l’action du Comité d’organisation Miss Cameroun (COMICA) qui, avec le soutien de divers acteurs y compris l’Etat, a organisé cette compétition ces dernières années, le ministère des Arts et de la Culture entend reprendre dans le cadre de ses compétences de service public le contrôle, la régulation et la supervision de Miss Cameroun qui est un label public, étant lié au nom et à l’image de notre pays.


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A quels changements doit-on s’attendre maintenant que ce concours de beauté se trouve entre les mains de l’Etat ?


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Des modifications de fond et de forme interviendront nécessairement dans le cadre de cette nouvelle donne. Nous ne pouvons vous en donner les détails en l’état actuel des choses. En effet, nous avons engagé un processus d’élaboration des termes de référence pour fixer les nouvelles modalités d’organisation de Miss Cameroun. Les objectifs des innovations de forme et de fond étant une meilleure qualité de l’organisation de l’événement ; une couverture véritablement nationale de l’organisation impliquant les 10 régions du pays ; une crédibilité accrue dans le processus de sélection et une transparence dans la proclamation des résultats ;  une confiance et une adhésion plus fortes du public camerounais et étranger. Vous le voyez bien, il s’agit d’une question d’honneur.


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