Fespaco: une entrée mémorable

Le 23 février dernier à Ouagadougou, la cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du président de la République du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore.

Entre la première édition organisée du 1er au 15 février 1969 et ce 26e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), 50 ans se sont écoulés. Un demi-siècle de créativité, d’effusion derrière et devant l’objectif de la caméra. De l’eau a coulé sous les ponts, avec au passage de nombreuses révolutions. Mutations dans la périodicité, les récompenses et même la dénomination : semaine du cinéma africain, puis Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou et, depuis 1983, le terme « télévision » s’est rajouté.

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Toutes ces transitions ont tapi la cérémonie d’ouverture du Fespaco 2019, coiffée par le président de la République du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore, et célébrée en présence de nombreux ministres africains de la Culture. Dans leurs rangs, le ministre du Burkina Faso, Abdoul Karim Sango, du Cameroun, Bidoung Mkpatt, d’Afrique du Sud, de la Côte d’Ivoire et du Mali.

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Le spectacle offert au public du Stade municipal Dr Issoufou Joseph Conombo de Ouagadougou a servi une promenade dans les couloirs du temps. Feuilleter les cahiers du Fespaco, c’est baigner dans les coulisses d’une aventure folle, montée par des hommes et femmes amoureux d’une idée de cinéma fait par les Africains et pour les Africains.

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Les vidéos retraçant les débuts de ce long chemin parcouru ont ému les spectateurs, arrachant des larmes ici, des chants patriotiques là-bas. De ces pionniers rassemblés par le thème général du Fespaco 2019, « Mémoire et avenir des cinémas africains », on retient l’audace et la témérité. Les visages de Sembene Ousmane (Sénégal), Timité Bassori (Côte d’Ivoire), Idrissa Ouedraogo (Burkina Faso), Souleymane Cissé (Mali) et autres, défilant en noir et blanc sur écran géant, rappellent les sacrifices consentis, afin que ce festival panafricain devienne une institution mondiale. Alimata Salambere, toute première présidente du comité d’organisation du Fespaco en 1969 est un témoin vivant de la grande épopée.

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Son entrée triomphale dans un Stade municipal surchauffé, aux côtés du président du Burkina Faso, a donné le ton d’une cérémonie digne d’un cinquantenaire. Ce film d’ouverture a un titre: « Si l’Etalon m’était conté ». A la narration, l’acteur ivoirien Bakary Bamba, maître de cérémonie heureux de passer du groupe des jeunes en 1969 à celui des doyens 50 ans plus tard. Comme personnages, des musiciens parmi lesquels les Magic System, Smarty, Bernard Yameogo, mais aussi une cavalerie de 50 amazones et des chorales.

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Pendant plus de quatre heures, cette grosse production à la Ouagawood, orchestrée par le directeur artistique Bil Aka Kora, se veut une fusion d’énergie et de fraternité continentales. Sur ce dernier point, le Rwanda, pays à l’honneur de cette 26e édition du Fespaco, a dévoilé son héritage culturel au reste du continent, entre danses et chants traditionnels.

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10 jours de projections de plus de 120 films (longs métrages, courts métrages, documentaires), d’activités liées au Marché international du cinéma africain (MICA), de rencontres, sont ainsi ouverts, en attendant le clap de fin, ce 2 mars, avec la remise des trophées et de l’Etalon d’or de Yennenga.

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