Algeria: Abdelkader Bensalah pour conduire la transition

Le président par intérim nommé hier a 90 jours pour organiser l’élection présidentielle.

Tout s’est finalement bien passé hier au Parlement algérien réuni en congrès. Conformément à l’article 2 de la Constitution actionné par le Conseil constitutionnel, Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation, le Sénat algérien, a été nommé président par intérim du pays au cours d’une plénière boycottée par les sénateurs et députés de l’opposition. Cette cérémonie de désignation nécessite la récitation de quelques versets du Coran, l’exécution hymne national et la lecture du communiqué convoquant les deux chambres.

A 77 ans, le successeur à Abdelaziz Bouteflika, démissionnaire le 2 mars 2019 devant la contestation populaire, Abdelkader Bensalah a aussitôt déroulé la feuille de route qui devra conduire son action durant ses trois mois de magistère. « Nous ferons le nécessaire afin que cette courte période qui s’ouvre devant nous permette à la nation d’entrer dans une nouvelle ère. Une ère durant laquelle le peuple algérien sera maitre de son destin.

Il choisira ses futurs dirigeants en toute liberté et démocratie », a tenu à rassurer le président intérimaire. A la différence d’un président élu, Abdelkader Bensalah ne dispose pas des mêmes prérogatives. Durant ses 90 jours de gouvernance, le chef d’Etat intérimaire ne dispose d’aucun pouvoir de nomination de ministres, de droit de grâce, de remise ou de commutation de peine, et de convocation de référendum.

Deuxième personnalité de l’Etat depuis 2002, il ne peut par ailleurs dissoudre l’Assemblée populaire nationale, organiser des élections législatives anticipées ou réviser la loi fondamentale. Cette désignation ne passe pas dans la rue. Considéré comme un pur produit du système Bouteflika, M. Bensalah figure parmi les personnalités rejetées, à l’instar du Premier ministre, Nourredine Bedoui et du président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz.

Ancien journaliste dans la presse à capitaux publics, le président par intérim d’Algérie est réputé discret et réservé. Il a été successivement député, haut fonctionnaire, puis président de l'Assemblée, avant sa désignation en 2002 comme président du Conseil de la nation.

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