Tous mobilisés pour l'émergence

Un condensé de peuples et de cultures. Tel se présente le Cameroun aux yeux du monde. Quel que soit le bout par lequel on le prend, ce pays, singulier à bien des égards, est toujours apparu comme un cas d’école dans le concert des nations. Le maître mot qui revient souvent c’est la diversité sur le double plan géographique et humain. Ce qui peut être considéré comme une sorte de paradoxe et qui tend à égarer certains observateurs enfermés dans leurs certitudes vient du fait que tout semblait, de prime abord, prédisposer les Camerounais à se regarder de travers.

Une triple colonisation ayant laissé des séquelles au niveau des mentalités, de l’éducation et de la culture, des dizaines d’ethnies, de langues et de religions. Autant de facteurs négatifs pour tous ceux qui continuent à observer les situations à travers un regard réducteur. Et pourtant, contre toute attente, ce foisonnement d’apports plus ou moins contradictoires s’est révélé au final comme une précieuse richesse à préserver alors qu’ils pouvaient constituer des facteurs de division.

Les différences plus ou moins assumées ont contribué plutôt à raffermir le ciment de l’unité en consolidant notre sentiment d’appartenance à une même nation fière et jalouse de sa liberté. Certains analystes vont même jusqu’à trouver dans cette exceptionnelle diversité humaine et culturelle le secret d’une stabilité sur une période relativement longue.

Certes, la construction d’une nation tout comme la vie des peuples n’est pas un long fleuve tranquille. Avec les contraintes de l’environnement et les vicissitudes du temps, des risques de dislocation ne sont pas à exclure. Les menaces sécessionnistes et autres tentatives de déstabilisation ne constituent pas des nouveautés en soi.

Elles sont inhérentes à la dynamique de construction des nations qui est loin d’être une œuvre parfaite. Survenues après plus d’un demi-siècle de quiétude, certaines situations de belligérance orchestrées dans l’Extrême-Nord et dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, constituent autant d’anicroches à surmonter, en même temps qu’une source de motivation pour un nouveau départ dans l’édification d’une nation plus unie, solidaire et prospère.

Il faut pour cela que tous les Camerounais, debout comme un seul homme, soient mobilisés derrière le chef de l’Etat qui a déjà tracé la voie en dépêchant son émissaire spécial porter le message de l’apaisement dans les deux régions anglophones qui n’aspirent qu’à retrouver la quiétude d’antan.

La nouvelle approche en faveur du dialogue ouvre des nouvelles perspectives pour un retour à la paix, répondant ainsi aux aspirations des populations des régions sinistrées et aux vœux de l’ensemble des Camerounais. Si nous voulons atteindre dans les délais le cap de l’émergence pour un bonheur partagé, le moment semble venu pour jeter aux orties les discours extrémistes, se détourner du piège de la surenchère politique pour bâtir les conditions d’un dialogue franc et sincère, condition sine qua non d’une véritable réconciliation nationale.

Pour qu’elle ne soit pas perçue comme une démarche unilatérale débouchant sur une impasse, l’initiative du dialogue mérite d’être accompagnée par tous les esprits de bonne volonté, la mobilisation générale qui sied au contexte actuel devrait contribuer à favoriser en toutes circonstances, le triomphe de l’amour sur la haine ainsi que le retour de la confiance réciproque pour dissiper les appréhensions qui font le lit du désespoir.

Au même titre que les membres d’une famille qui volent au secours d’un des leurs en difficulté, les Camerounais ont le devoir de conjuguer leurs efforts pour mettre les énormes ressources dont dispose leur pays au service de l’émergence dans la paix et la justice.

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