Demande d’implication

Le dernier message du chef de l’Etat à la nation résonne encore, au moment où le Cameroun s’apprête à célébrer son unité pour la 47e fois. « Face à l’adversité, nous avons élaboré une stratégie de développement articulée en trois temps : les Grandes ambitions, les Grandes réalisations et les Grandes opportunités. Cette dernière étape, nous l’espérons, devrait nous conduire au seuil de l’émergence.» Paul Biya, à l’aube de l’année 2019 sonnait une fois de plus le rassemblement de tous les fils et filles du pays autour du projet ambitieux qui guide son action depuis quelques années.

L’accès au statut privilégié de pays émergent est bel et bien l’objectif. Le président de la République, qui l’explique de façon simple comme « le passage d’un état de pays sous-développé à celui de pays développé », l’a érigé en « cause nationale » selon ses propres mots. Et depuis lors, il ne manque aucune occasion de le redire, comme pour remobiliser en permanence ses concitoyens. Le 31 décembre dernier, le chef de l’Etat avait aussi indiqué la voie à suivre pour atteindre l’objectif : rétablir la sécurité, conforter la croissance économique et améliorer sensiblement les conditions de vie des Camerounais.

La célébration de la fête nationale est l’occasion de revisiter ces véritables conditions sine qua non. Car il va sans dire que l’unité célébrée le 20 mai par le peuple camerounais, est bel et bien le fil conduc teur, l’élément fédérateur des énergies en vue de l’atteinte de de l’émergence. En un mot, rien ne se fera si tous les Camerounais, si chaque fils et fille de ce pays n’apporte pas sa contribution. En clair, le propos du chef de l’Etat n’est pas seulement adressé au gouvernement et à la classe dirigeante comme on pourrait le penser de prime abord. Parce que l’émergence dont il est question, n’est pas un statut qui s’acquiert par décret ou par la simple volonté politique.

Les grandes nations amies qui ont précédé le Cameroun sur cette voie l’ont prouvé à souhait. Le pays émergent se distingue d’abord par la bonne qualité et les bonnes dispositions de sa ressource humaine. Des hommes et des femmes qui ont une haute idée de leur patrie, qui travaillent en priorité pour l’intérêt général et qui s’investissent corps et âme au service de cet amour inconditionnel pour le pays.

La Corée du sud, pays sans énormes ressources naturelles, démontre à la face du monde que les hommes sont la première richesse d’un pays. Alors, pourquoi le Cameroun, qui en plus, a été particulièrement gâté par la nature, ne devrait-il pas connaître une trajectoire similaire, ou même plus brillante encore ? Il ne tient qu’aux Camerounais eux-mêmes de transformer l’ambition portée par le chef de l’Etat en réalité.

Comme pour suivre la démonstration présidentielle, la première tâche essentielle indiquée est bien la préservation de la paix et la sécurité. La situation d’instabilité que vivent certaines parties du territoire nationale est suffisamment éloquente pour rappeler aux Camerounais qu’au cun développement, aucun épanouissement n’est possible dans le chaos. Les vaillantes populations de l’Extrême-Nord ont vécu dans leur chair, les affres de l’insécurité, au plus fort de la guerre contre la secte terroriste Boko Haram. Et aujourd’hui, celles du Nord-Ouest et du SudOuest expérimentent cette dure réalité. C’est tout cela qui devrait restaurer en chacun des Camerounais, l’esprit de paix.

Parce que finalement, nous sommes tous concernés. Les discours de haine, les replis identitaires et autres attitude contraires à la promotion de l’unité sont donc à bannir. Et là encore, ni une loi ni un décret ne seront assez forts. Cela viendra du comportement de chacun dans sa maison, dans son quartier, dans son village ou dans sa ville. En ce qui concerne la croissance économique et l’amélioration des conditions de vie des populations, il incombe certes à l’Etat à travers le gouvernement, de mettre en place les conditions favorables ; Mais là aussi, la contribution de chaque Camerounais est cruciale.

C’est pourquoi le président de la République n’a de cesse d’attirer l’attention sur l’esprit d’initiative, mais aussi sur la responsabilité de tous pour la préservation du bien commun. Nous n’atteindrons pas l’émergence, si nous ne faisons pas preuve d’inventivité. Et encore moins si nous continuons à prendre les caisses de l’Etat pour nos portemonnaies. Notre destin commun nous oblige à travailler ensemble pour le bien de tous. Parce que l’émergence apportera forcément la prospérité au plus grand nombre. Et à nos enfants

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