Situation socio-politique au Cameroun : des clarifications qui s’imposent

Mardi, 28 mai dernier, le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella était face au corps diplomatique accrédité au Cameroun. Face à ces représentants des pays et partenaires du Cameroun, le Minrex a tenu à faire le point sur la situation socio-politique dans notre pays. Un exercice peu courant, parce qu’étant le premier du genre depuis la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et la fin de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Mais un exercice qui rentre bien dans les usages diplomatiques. Lejeune Mbella Mbella a ainsi tenu à rappeler la position du Cameroun sur l’attitude qui est attendue de ses amis et partenaires. Accompagnement, tout en évitant une immixtion dans les affaires intérieures de notre pays. CT a approché deux politologues qui analysent cette sortie du ministre des Relations extérieures pour un décryptage de cette communication, et poursuit en outre l’analyse de cette sortie, faite au nom du gouvernement de la République.


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« Le pays doit faire valoir sa souveraineté »


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Pr. Mathias Eric Owona Nguini, politologue


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Le ministre des Relations extérieures était face au corps diplomatique mardi dernier pour faire le point de la situation socio-politique dans notre pays. Qu’est-ce qui peut expliquer cette stratégie dans la communication gouvernementale ?


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Il s’agissait de transmettre, à ces chefs de missions diplomatiques, la position que le Cameroun a sur sa situation socio-politique intérieure. Dans la communication du ministre des Relations extérieures, ce qui ressort, c’est que le pays doit faire valoir sa souveraineté et il le fait en demandant à ses partenaires de respecter le principe de non-ingérence dans ses affaires intérieures. Mais le ministre des Relations extérieures dit aussi que le pays reste disposé à discuter avec ses partenaires d’un certain nombre de choses qui concernent l’évolution de sa situation politique intérieure, afin qu’ils aient une meilleure connaissance de ce qui passe, aussi bien pour ce que certains appellent la crise post-électorale créée par la contestation du processus électoral par le MRC et ses associés, que pour la situation de crise créée par la dérive armée du mouvement social anglophone qui a fait que ce mouvement se transforme en insurrection armée. Le gouvernement répète qu’il est important que toutes ces situations soient résolues de l’intérieur, dans le cadre des institutions, des lois et règlements en vigueur. Que le Cameroun a les moyens de les résoudre à partir d’une perspective camerouno-camerounaise. Il ne souhaite pas que cela soit internationalisé. C’est ça le sens profond de ce que le ministre des Relations extérieures dit.


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Il a également souligné que le gouvernement reste disposé à accepter l’accompagnement de ses partenaires tout en réfutant toute immixtion dans les affaires intérieures du Cameroun. N’y a-t-il pas contradiction à votre avis comme semble vouloir le faire croire une certaine opinion ?


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Il n’y a pas contradiction. Le partenariat ne peut s’exercer qu’avec la volonté des autorités de la République du Cameroun. Cela veut dire que ce ne sont pas ces partenaires qui s’invitent directement sur tel ou tel sujet concernant les affaires du Cameroun. C’est lui qui peut leur proposer de prendre en compte leur avis dans la gestion d’un problème. Si le Cameroun invite tel ou tel pays sur un problème quelconque, par exemple la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, pour lui demander sa position sur cette affaire, et ce qu’il suggère comme démarche à mener pour sa résolution, il n’y pas d’ingérence. Par contre, si le Cameroun n’a pas fait la démarche, et que les partenaires s’invitent dans l’analyse de la situation, sans la moindre prudence diplomatique, le gouvernement du Cameroun considère que c’est de l’ingérence. Donc il n’y a pas contradiction entre le fait de dire : ne vous immiscez pas dans les affaires du Cameroun, mais accompagnez nous, parce que c’est nous qui le demandons. Quand nous demandons l’accompagnement, c’est que nous considérons que ce n’est pas de l’ingérence. L’ingérence est de fait quand nous n’avons pas demandé une intervention d’un partenaire et il s’invite de lui-même, pousse son intervention à un point qui peut incommoder la République du Cameroun.


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Quelle forme peut prendre cet accompagnement à votre avis ?


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L’accompagnement prend essentiellement la forme de conseil. Il peut éventuellement prendre la forme d’appuis, matériels, techniques et même financiers. Mais en fonction des sollicitations du Cameroun. Parce que si l’intervention se fait en dehors de ce cadre, cela correspond à une immixtion dans les affaires intérieures.


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