Dans l’espoir d’une résurrection

Fallait-il ouvrir le jeu ou le cadenasser davantage ? Tel est le dilemme qui se posait à l’encadrement technique des lionnes au moment de livrer le deuxième match contre les Pays-Bas. Après avoir essuyé tant de critiques après la défaite face au Canada, le principal souci était d’éviter de tomber dans les mêmes erreurs. C’est pour cela que les Camerounaises ont entamé la rencontre visiblement gonflées à bloc,

En adaptant le système de jeu sur celui de l’adversaire (4-3-3), le coach Alain Djeumfa a voulu sans doute rectifier le tir, en ce qui concerne notamment le redéploiement tactique avec un rideau défensif moins statique, un milieu de terrain moins touffu et une ligne d’attaque plus entreprenante. Sans oublier une plus grande présence dans les duels et les nombreux raids offensifs qui semblaient confirmer ce nouvel état d’esprit, salutaire à tout point de vue. Mais l’enthousiasme n’a pas fait long feu.

Comme lors du premier match, le premier but encaissé est intervenu vers la fin de la première mi-temps. Les filles avaient-elles déjà la tête dans les ves tiaires ? Toujours est-il qu’elles n’ont pas abdiqué par la suite. De toute beauté, le but d’égalisation de Gabrielle Onguéné survenu avant la pause semblait sonner enfin le réveil. Mais l’illusion aura été de courte durée. Le temps pour l’adversaire de relancer une machine offensive d’autant plus redoutable qu’elle a su exploiter à bon escient des maladresses, des imprécisions et des bourdes, notamment en attaque et sur un flanc de la défense. Plus appliquée, l’équipe néerlandaise s’est montrée supérieure dans la possession du ballon, la précision des passes alors même que celle du Cameroun collectionnait des fautes à la pelle.

Il en fallait un peu plus à Christine Mani et ses coéquipières pour être plus présentes au marquage, mieux gérer les espaces et avoir plus de cohésion dans le jeu. Cette autre défaite du Cameroun, la quatrième de suite dans une coupe du monde féminine, devrait interpeller les principaux responsables sur les stratégies en mettre sur pied pour préparer les prochaines échéances. Certes, tout n’est pas totalement perdu. Il reste encore un mince espoir de se qualifier pour le second tour, en cas de victoire sur la Nouvelle-Zélande pour terminer parmi les quatre meilleures troisièmes. Ce qui relèverait de l’exploit. En attendant, il faut se projeter vers l’avenir.

Car ayons l’honnêteté de reconnaitre que l’équipe nationale féminine prend de l’âge. Après des années de bons et loyaux services, la plupart des joueuses de premier plan n’ont plus la fraicheur physique ou les motivations nécessaires pour être à la hauteur des attentes d’un public de plus en plus exigent. Plus de la moitié de l’effectif actuel se rapproche voire dépasse le cap de la trentaine et se trouvent de ce fait à la croisée des chemins. Il est possible que ce mondial soit le tout dernier pour beaucoup.

Il n’est donc pas trop tôt pour penser à la relève avec l’introduction des nouveaux talents qui détiendront les clés du futur. Dans cette dynamique, le troisième match de jeudi prochain est une occasion idoine pour le staff technique de procéder à quelques changements judicieux à certains postes-clés, notamment au niveau de l’attaque et de la défense. N’ayant plus rien à perdre, on peut prendre le risque d’essayer autre chose. Dans la perspective d’une reconstruction qui s’annonce incontournable.


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