Mondial féminin 2019 : l’histoire retiendra

Cette édition organisée du 7 juin au 7 juillet en France a été un succès sur plusieurs plans.

La 8e édition de la coupe du monde de football féminin a été clôturée le 7 juillet dernier, en apothéose avec la victoire, sans surprise, des Etats-Unis. Les Américaines ont conservé leur titre face aux Pays-Bas grâce à leur victoire 2-0 au stade de Lyon. Et aujourd’hui, l’heure est au bilan d’une compétition particulière. Il y aura clairement un « après France 2019 » qui marque un tournant décisif pour le football féminin après un mois haletant et globalement satisfaisant.
Succès populaire
La finale de la compétition s’est jouée dans un stade de Lyon plein, soit près de 59 000 spectateurs. Un record pour un match féminin en France (mais encore loin des 90 185 personnes lors de la finale du Mondial féminin de 1999, aux Etats-Unis). Plusieurs matchs se sont joués à guichets fermés, dont ce France-Etats-Unis au Parc des Princes et le taux de remplissage des stades tournait autour des trois quarts durant la compétition. Mais c’est surtout du côté des audiences télé qu’il y a eu une véritable révolution. Par exemple, la demi-finale Angleterre-Etats-Unis a réuni en France près de 6 millions de téléspectateurs, soit plus que lors de la finale de la Champions League (2,5 millions). Le même match a battu le record de l’année sur la BBC avec 12 millions de téléspectateurs. La FIFA a annoncé  que plus d’un milliard de personnes ont suivi la compétition sur toutes les plateformes, contre 850 millions en 2015. Au Cameroun, les chiffres ne sont peut-être pas disponibles mais l’engouement pour les Lionnes était perceptible dans les lieux publics.
Le beau jeu au rendez-vous
Le football féminin a longtemps souffert de nombreux clichés liés au contenu technique. Mais cette fois, il n’y a pas eu grand-chose à redire. Tous les matchs n’ont forcément pas été à la hauteur, mais les amateurs ont eu droit à des rencontres de qualité avec des modèles de rigueur tactique et des phases de jeu digne d’être montrées dans les centres de formation. Les Américaines restent des modèles dans ce sens. Les gardiennes de but, souvent traitées comme les maillons faibles, ont impressionné. Mais la principale leçon à tirer, c’est la montée en puissance de l’Europe qui a relégué le Japon, la Chine et le Brésil aux oubliettes. Les Etats-Unis étaient d’ailleurs la seule équipe non européenne en quarts de finale.
Et l’Afrique ?
Le chemin est encore long pour le continent africain au vu des écarts de niveau avec les autres nations. Cela s’est encore confirmé en France. L’Afrique peut se satisfaire d’avoir pour la première fois eu deux représentants en 1/8e de finale (Cameroun et Nigeria) mais il faut rapidement réorganiser cette discipline pour pouvoir véritablement rivaliser avec les meilleures nations. Cela passe par un projet de développement comme on l’a vu aux Pays-Bas ou en Italie et dont les fruits sont déjà visibles. La FIFA envisage d’élargir le nombre de pays participants, question justement d’impulser le changement.
L’arbitrage encore en débat
L’assistance vidéo fait toujours débat, plus d’un an après son introduction. Et à ce Mondial, on en a un peu trop parlé, avec un recours systématique qui a parfois failli virer au drame. Au point où la FIFA a implicitement demandé aux arbitres de faire preuve de parcimonie dans leur usage dès les quarts de finale. Au-delà de la VAR, il y a aussi eu de nombreuses décisions contestées ou encore l’application de la règle sur la position du gardien au moment du penalty qui a fait couler beaucoup d’encre. Mais c’est bien tout cela qui a fait le succès de cette 8e édition qu’on n’oubliera pas de sitôt.
 

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