Coopération économique : l’Afrique et l’Europe s’invitent au Portugal

Du 4 au 5 juillet 2019, Filipe de Botton, président du Conseil de la diaspora portugaise a convié des centaines de participants issus des deux continents dans la localité de à Cascais, située à quelques kilomètres de Lisbonne. Trouver des pistes de développement et de collaboration gagnant-gagnant entre Africains et Européens, c’est l’objectif premier de l’EurAfrican Forum placé sous le thème : « Partenariat d’égal à égal : partager des valeurs, partager la prospérité », et sous la présidence de José Manuel Durao Barroso, ancien président de la Commission européenne. 
Arrivée à sa deuxième édition, cette rencontre internationale a attiré aussi bien les investisseurs que de jeunes entrepreneurs africains désireux de valoriser leurs activités souvent menées loin du regard de leur pays d’origine. Comment connecter la diaspora africaine afin que ses œuvres puissent profiter de la meilleure manière possible au continent ? Comment en tirer le meilleur afin que l’Afrique puisse trouver sa place sans complexes sur la table des négociations internationale ? Filipe de Botton à la tête de cette initiative internationale qu’est l’EurAfrican Forum a accepté de répondre aux questions de Cameroon Tribune autour de cette plateforme qui se veut annuelle, et de plus en plus courue. 

Quelles sont les raisons qui ont motivé la création du Forum Europe Afrique arrivé en 2019 à sa deuxième édition ?
En 2007, j’ai assisté au sommet Europe-Afrique organisé au Portugal par la commission européenne et à ce moment-là, j’ai compris qu’un espace s’offrait à nous pour créer un forum. Non pas un forum de gouvernements, mais un forum de personnes qui font le monde au Portugal, entre l’Europe et l’Afrique. La création de l’EurAfrican Forum a mis un certain temps à se mettre en place, puisque nous ne sommes qu’à la deuxième édition en 2019 après la première en 2018. C’est un forum que nous voulons réaliser chaque année au Portugal où nous voulons que ce soit clairement une opportunité pour l’Afrique et l’Europe, de se mettre ensemble, parler des problèmes mais aussi des opportunités qui existent, se concentrer sur la construction d’égal à égal d’un partenariat entre les deux peuples : Africains et Européens.
La diaspora africaine est un des acteurs majeurs du développement économique en Afrique. Comment ce Forum peut-il l’amener à en prendre un peu plus conscience ?
Comme président du Conseil de la diaspora du Portugal, notre idée est d’aider à ce que les 54 pays africains créent leur propre Conseil de la diaspora. Que ce soit au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Togo, en Angola, en Ethiopie, en Namibie, etc., que chaque pays ait son propre Conseil de la diaspora. Ils pourront ainsi bénéficier de tous ceux qui ont quitté leur pays, et qui très souvent, se trouvent dans des positions importantes ou rencontrent le succès dans les nouveaux pays où ils vont vivre. Ce qui est fascinant, c’est qu’après quelques années, cette diaspora des pays est plus que prête à aider son propre pays d’origine et ne sait pas comment le faire. Le concept d’un Conseil de la diaspora au Cameroun par exemple est de convoquer toutes ces personnes autour d’une organisation qui puisse les amener à canaliser tous leurs efforts afin d’aider à leur tour leurs pays. Ce sont donc des actions directes qui seront menées vers les pays africains, et des actions articulées avec chacun des pays de cette diaspora.
L’Afrique et l’Europe restent des entités avec tout de même un fossé énorme entre leurs économies. Comment le Forum peut-il aider à réduire, si ce n’est à combler ce fossé ?
La meilleure façon de combler ce fossé économique est que les acteurs se côtoient, échangent leurs idées, créent des liens d’amitié et professionnels, mais surtout des bases de confiance. Dès le premier moment de l’EurAfrican Forum, nous avons voulu créer une notion de confiance entre les personnes des deux continents. Et je pense qu’au sein des générations plus jeunes, les 35 à 40 ans, il n’y a plus ce fardeau du passé. Les gens sont plus ouverts à créer des relations basées sur cette confiance qui non seulement doit exister mais être construite. Donc le Forum rapproche les deux continents pour que dans le futur, ils puissent contrer le poids d’une Chine ou des Etats-Unis. Nous voulons créer un lien fort entre l’Afrique et l’Europe.
En général, la diaspora n’est pas bien vue dans la majorité des pays africains, particulièrement à cause de ses positions très tranchées sur la gouvernance politique. Le Forum peut-il transformer cette image en allant au-delà du volet économique ?
La diaspora et le Conseil de la diaspora doivent être complètement apolitiques. Une chose est de travailler et d’aider les gouvernements de chacun de nos pays, et une autre chose est d’être un instrument politique. Les Conseils des diasporas doivent absolument être des organisations qui émanent de la société civile, qui sont constitués de personnes liées par l’économie, mais aussi par les arts, la science, la citoyenneté et qui soient totalement éloignées de la politique. C’est ainsi que vous arrivez à créer un lien de rapprochement entre la diaspora et les pays d’origine.
 

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