Art contemporain: les femmes d'aujourd'hui

Les plasticiennes invitées à participer à la 10e exposition de la Banque mondiale au Musée national à Yaoundé donnent des angles originaux au thème général.

30 artistes camerounais rassemblés autour d’une vision contemporaine fixée par Simon Njami. Au sein de cette troupe réunie par le talentueux et rigoureux commissaire d’exposition à la renommée internationale, figurent des artistes plasticiennes. Ces femmes, qu’elles soient photographes ou peintres, ont partagé avec le public du Musée national à Yaoundé leur définition du thème : « Aujourd’hui ». Aurélie Djiena est la plus jeune des plasticiens sélectionnés pour cette 10e expo organisée par la Banque mondiale en collaboration avec le ministère des Arts et de la Culture. « Quand Simon Njami est arrivé dans mon atelier, il m’a demandé ce que signifiait le terme aujourd’hui pour moi. Comme réponse, j’ai décidé de plancher sur des tableaux inspirés de toutes les crises que traverse notre pays actuellement », se souvient Aurélie Djiena.

Ses deux oeuvres intitulées «Inquiétude » et « Havre de paix » présentent une multitude de rayures noires et blanches qui se croisent pour former un damier s’étendant sur la toile, à l’infini. Ce style ne s’éloigne pas du travail traditionnel de l’artiste, rappelant son héritage dans la vannerie (métier exercé par ses parents). Sauf que cette fois, Djiena intègre à cet aspect blanc et noir une coloration rouge, symbole des troubles que connaît le Cameroun. Basé sur le brassage entre êtres humains, en même temps qu’il inculque des valeurs telles que le partage et la solidarité, le rendu d’Aurélie Djiena sied au contexte, en ce qu’il convoque la paix recherchée par l’artiste.

Autre plasticienne à suggérer sa conception de l’« Aujourd’hui », la photographe Angèle Etoundi Essamba. Avec « Renaissance », elle manipule le temps grâce à des portraits de femmes qu’elle fait voyager à travers les époques. Le noir et blanc est également le socle de cette composition photographique et mélancolique d’Angèle Etoundi Essamba. Justine Gaga est quant à elle dans l’ « Indignation ». Elle présente un véritable travail de fourmi, classant les unes au-dessus (ou en-dessous) des autres, 100 toiles de 30x40 cm. Les inscriptions « Capitalisme », « Gun », « Fric », « Police », «Libéralisme », sont visibles entre des formes anonymes et longilignes, signatures de Gaga. L’artiste montre ainsi son mécontentement face aux injustices grandissantes dans le monde, souvent opérées dans un silence étonnant des autorités ou de toutes personnes susceptibles d’apporter du changement.

Qu’elles s’appellent Angèle, Aurélie, Justine, entre autres, les artistes féminins invités à l’occasion du 10e anniversaire de cette exposition contemporaine, se sont insérés avec aise dans la philosophie du «Aujourd’hui » selon Simon Njami : « Un ancien demain, un futur hier ». Dès aujourd’hui donc, vous avez jusqu’au 20 août prochain pour la découvrir.

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