« L’Etat n’a pas démissionné »

Georges Mahou Nguimbous, chef de service environnement et hygiène à la Communauté urbaine de Yaoundé.

Des gares routières clandestines sortent de terre partout dans la ville de Yaoundé, obstruant la voie publique et causant moult désagréments aux usagers. La communauté urbaine laisse-t-elle faire ?
Les gares routières auxquelles vous faites allusion sont spontanées, c'est-à-dire qu’elles n’ont pas une activité permanente avec des guichets installés. Leurs activités ont parfois une évolution périodique. Si vous descendez maintenant, vous ne trouverez que certaines d’entre-elles n’existent plus. Elles attendent les heures de pointe. Et à ces heures où les citoyens quittent les bureaux pour rentrer chez eux, il est un peu sensible d’intervenir. Par le passé on a eu plusieurs interventions dans ce sens en utilisant les sabots, la mise en fourrière, etc. ce dispositif  dissuasif nous a permis de maîtriser le centre urbain. C’est pour cela que vous voyez cette accalmie. Mais avec parfois des difficultés que les populations peuvent avoir aujourd’hui pour se déplacer facilement, certains trouvent des raccourcis pour créer des pools de déchargement et de chargement des passagers. Donc, ils jouent au chat et à la souris. Pour le cas des transporteurs qui desservent la zone d’Obala, on a à faire à plusieurs syndicats qui sont difficiles à fédérer. Mais dans la perspective de la mise en place d’une plateforme multimodale qui sera à Olembé où les agences de voyage pourront s’installer définitivement, on peut encore les tolérer à certains endroits. C’est le cas pour ceux qui sont installés vers la mobile Emana. Mais ils n’ont aucun droit d’opérer sur la chaussée.Il se dégage tout de même un sentiment d’impuissance à régler définitivement ce problème.

Qu’est-ce qui fait défaut, la réglémentation ou les moyens ?
Il n’y a aucune impuissance. L’Etat n’a pas démissionné. Il se donne toujours les moyens d’intervenir à tout moment et avec efficacité. C’est pour cela que l’activité répressive évoluera de manière spirale. Nous avons commencé avec le centre-ville et on ira de façon graduelle vers les quartiers. Nous sommes en train de rassembler les énergies nécessaires et en tenant compte de tous les paramètres possibles pour que l’opération ne produise pas l’effet contraire à ce qui est recherché. Dans la recherche des solutions, nous devons associer tous les acteurs du secteur des transports : les syndicats, les forces de maintien de l’ordre, le ministère en charge du secteur, etc. le but étant de comprendre la nécessité qu’il ya à respecter les sites aménagés à cet effet. Car l’objectif n’est pas l’arrêt des activités de transport à Yaoundé et partout où le problème se pose, mais que celles-ci soient exercées dans le strict respect de la réglementation.
Y a-t-il espoir de voir un jour de l’ordre dans l’installation et le fonctionnement des gares routières à Yaoundé, si oui, lequel ?
Il y a une mobilisation qui est en train de se mettre en place. La Communauté urbaine a pris certaines dispositions. Les équipes sur le terrain seront renforcées en logistique et en ressources humaines. Une commande de nouveaux sabots (en tant que consommables, nous en avons perdu un bon nombre) a été passée. La sensibilisation est faite en permanence au niveau médiatique avec la Radio Nkul-Ongola et les chaînes locales, la police municipale sillonne et interpelle tous ces contrevenants. Cette brigade policière leur rappelle les risques encourus. A savoir, la mise en fourrière de leurs engins et bien d’autres sanctions. Bref, les interventions d’envergure vont reprendre en s’intensifiant.
 

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