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Société

Transport interurbain : dangereuse insouciance

De nombreux comportements à risques persistent chez les conducteurs de bus et autres cars, au grand dam des voyageurs.

La malchance n’a pas d’avocat, et tout le monde peut l’accuser à volonté. Sauf qu’à un moment, le bon sens commande de la laisser tranquille et de regarder ailleurs. Ainsi, les passagers victimes d’un braquage somme toute spectaculaire il y a quelques jours sur l’axe Yaoundé-Bafoussam, ne devraient pas accuser le sort. Mais bien l’inconséquence (pour dire le moins) du conducteur. Admettre à bord, en cours de trajet, des passagers qui n’auront pas été identifiés, alors que les formalités de voyage prévoient la constitution d’un bordereau, et à une époque, la fouille des bagages, relève tout simplement de la faute. De la grosse faute. Et ce n’est pas parce que cet écart est régulièrement observé qu’il peut devenir la norme. Le problème est justement dans cette « régularité ». Nombre de chauffeurs, et parfois même quand le bus se prétend « Vip », ont pris (et conservé) cette fâcheuse habitude du « racolage ». Pour 2000 F ou 3 000 F par quidam embarqué, ils perdent tout sens de la mesure, de la prudence, et, bien entendu, jettent aux orties le confort des passagers réguliers. On ne laisse pas de s’étonner d’une telle inconscience.

D’abord, les arrêts effectués le long du trajet pour jouer au « taxi-brousse » constituent des pertes de temps pour le voyageur réglo, lequel va en plus se trouver incommodé par ces voisins de trajet imprévus et du reste non programmés. Au départ de l’agence, en principe, tous les sièges sont pris, vendus. Mais nos chauffeurs ont plus d’un tour dans leur sac. «Le banc de touche », vous connaissez? Il vous sortira, généralement avec l’aide de son convoyeur, des sièges de fortune, qui seront installés bon an, mal an, dans le couloir. Etienne D., communicateur, se souvient de cette grand-mère qui avait pris ses genoux pour un oreiller, lors d’un voyage Douala-Yaoundé. « Elle avait été embarquée par le chauffeur à Yassa. Son petit banc a été placé à côté de moi, et à plusieurs reprises, elle a sombré dans le sommeil, s’adossant sur mes genoux », se souvient le jeune homme peu enchanté par cette rencontre-là.

Ensuite, il y a de réels risques sécuritaires que ces chauffeurs font courir aux passagers. Certains d’entre eux, pourtant, indiquent parfois que les personnes désireuses de se soulager doivent l’en avertir à temps, afin qu’il cherche un endroit relativement sûr pour s’arrêter. C’est dire que la route n’est pas un long fleuve tranquille. Surtout la nuit. Enfin, la surcharge reste formellement interdite. Des passagers surajoutés au nombre réglementaire, parfois avec bagages, c’est du danger pour tous. Surtout quand on connaît l’état de certains véhicules destinés au transport interurbain, l’état de certains tronçons routiers, et la tendance à l’excès de vitesse tellement prisée par nombre de conducteurs.

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