Marchés de Yaoundé : le difficile arrimage

Les mesures gouvernementales visant à freiner la propagation du Covid-19 passent difficilement dans ces lieux de commerce.

Célèbre pour sa vente massive de la volaille, le marché Mvog-Ada a démarré samedi dernier la journée dans son insalubrité habituelle caractérisée par son dépotoir d’ordures à l’entrée principale. Ici, des caisses débordantes de poulets font face au marché. Le visiteur qui s’aventure sur le site est accueilli par des odeurs pestilentielles et l’armée de mouches gênée à son approche. Des vendeurs ambulants de poulets, à l’affût, accostent tout passant, à qui, ils proposent ardûment leurs marchandises. « Ma youyou ! Voici un gros poulet à 2 600. Viens voir, il y en a beaucoup. Si tu fais ton choix on te le plume gratuitement ! », entend-t-on ici et là. Ici, l’on semble dans le déni. Le marché semble vivre en marge de la crise sanitaire qui sévit dans le pays. Et ce, au mépris des consignes gouvernementales édictées pour barrer la voie au Covid-19. Visiblement, les usagers n’ont pas encore pris la pleine mesure de la gravité de la situation face à ce virus qui progresse à une vitesse vertigineuse. En ce jour de grand marché, le lieu est bondé de monde. Dans cette promiscuité criarde, commerçants et clients se marchent sur les pieds. Ceux qui arborent les masques de protection et les gants se comptent au bout des doigts. Seules quelques échoppes ont installé des points d’eau pour le lavage des mains. « Ça fait peur de se rendre dans les marchés. On se touche presque le corps et certaines personnes ne semblent pas gênés. Avec les marchands ambulants qui crient presque dans votre bouche et ceux qui vous tirent les mains. C’est vraiment pénible. Je suis obligée d’arborer mon masque de protection et les gants avant de me rendre au marché. C’est vraiment dangereux », déplore une cliente qui ne badine pas avec les mesures barrières. 
L’ambiance est presque identique aux marchés Mokolo et Mfoundi à quelques détails près. Des affiches renseignant sur la maladie et son mode de transmission, ainsi que les mesures à adopter pour contrecarrer le virus sont visibles. Aussi, des points pour se laver les mains sont aussi visibles. Mais le même engorgement est malheureusement observé, même si les responsables assurent ne pas baisser la garde. « Nous avons collés des affiches des tracts dans tout le marché pour attirer l’attention. Les chefs de secteurs mènent également sans relâche la sensibilisation des commerçants. Et le message semble passer. On leur demande de se laver les mains et de porter les masques de protection. Les vendeurs font quand même l’effort de ne plus s’embrasser ou se serrer la main. On est quand même confronté à certaines réticences. Certaines personnes ne croient pas en l’existence de ce virus. Mais on fait de notre mieux pour les ramener à la raison », confie Padhawa, régisseur du marché du Mfoundi.
 

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