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Et demain, Ngarbuh

Jusque-là, Ngarbuh, hameau situé dans l’arrondissement de Ndu, département du Donga-Mantung, région du Nord-Ouest au Cameroun, était peu connu. Plusieurs compatriotes, et a fortiori des étrangers, étaient incapables de localiser ce village sur une carte géographique. Mais, depuis les évènements tragiques survenus dans cette localité dans la nuit du 13 au 14 février 2020, les projecteurs sont braqués sur Ngarbuh, propulsé malgré lui au devant de l’actualité. Et, à l’allure où vont les choses, l’avenir de ce village où les balles ont sifflé, fauchant femmes et enfants innocents, où les maisons ont été incendiées, laisse entrevoir de l’espoir. En tout cas, le communiqué rendu public mardi dernier par le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République, à la suite de la Commission d’enquête mixte prescrite par le chef de l’Etat Paul Biya, le laisse présager. Le président de la République, après avoir pris connaissance du Rapport de cette Commission d’enquête,  a prescrit plusieurs mesures fortes à mettre prochainement en œuvre.                                                                                                                        Parmi ces Parmi ces mesures, il y a le renforcement de la sécurisation du village de Ngarbuh, notamment par la création d’une base militaire et l’érection d’autres services publics qui devraient permettre le développement de la localité, voire ses environs, une meilleure protection des civils contre les exactions des groupes armés, le retour des personnes déplacées et l’apaisement des tensions intercommunautaires. Car faut-il le souligner à grands traits, Ngarbuh a été le théâtre d’une opération militaire qui a malheureusement mal tourné parce qu’il était devenu un centre de regroupement des terroristes sécessionnistes et un pôle logistique de ravitaillement en armes, munitions et combustibles des groupes séparatistes situés dans le département du Bui et une partie du département du Ngo-ketunjia. En fait, si Ngarbuh était devenu une base-arrière permettant aux bandes armées criminelles de réorganiser le racket des usagers, c’est parce que, depuis de longs mois, les forces de défense et de sécurité ont réussi à prendre le contrôle et à sécuriser le nœud routier de Ntumbaw, voie de passage de tous les trafics illicites qui inondent le département du Bui dans la région du Nord-Ouest, en particulier les villes d’arrondissement que sont Elak, Oku, Jakiri, Kumbo, Mbiame, Nkum et Nkor. C’est ainsi que les bandes armées qui sévissaient dans cette zone ont trouvé refuge à Ngarbuh. L’enquête, dont les résultats sont désormais connus, révèle en outre qu’une fois dans ce nouveau repaire, ces terroristes se livraient à des exactions diverses contre les populations locales (vol de bétail, viols, agressions, etc.). Autant de faits inacceptables qui ont finalement abouti à une intervention des forces de défense et de sécurité à Ngarbuh afin d’y protéger les habitants. C’est dire que la bavure que tout le monde déplore et condamne sans réserve ne doit pas faire ignorer la pertinence sur le plan stratégique de l’opération qui a été ordonnée mais qui devait être menée dans les règles de l’art, c’est-à-dire avec professionnalisme.                                                                                                      

 Signalons enfin que le renforcement de la sécurisation de Ngarbuh prescrite par le chef de l’Etat devrait également contribuer à y apaiser les vives tensions intercommunautaires qui y sont signalées. C’est dire qu’ici, la Commission Musonge devrait se sentir aussi interpellée, elle qui est chargée de promouvoir en plus du bilinguisme, le multiculturalisme, pour une coexistence pacifique entre des populations d’origines et de cultures diverses mais partageant le même espace vital.

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