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Une opportunité à saisir

Depuis la mise sur pied du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration, plusieurs initiatives ont été engagées dans le sillage de la conciliation en vue d’amener les bandes armées sécessionnistes à sortir du maquis pour retrouver la vie civile et jouir ainsi convenablement de leurs droits de citoyens à part entière. Placé sous l’autorité du Premier ministre, le CNDDR a été créé dans une logique d’apaisement, l’objectif étant de permettre aux « combattants repentis désireux de répondre favorablement à l’offre de paix» formulée par le chef de l’Etat lors de son discours d’investiture le 6 novembre dernier, de déposer volontairement les armes. 
D’où la mission dévolue au Comité qui est « chargé de collecter, répertorier et stocker les armes remises volontairement par les ex-combattants ainsi que de mettre en place des sites de cantonnement destinés à accueillir ceux-ci et leur apporter une assistance multidimensionnelle dans le cadre de leur préparation à un retour à la vie civile, notamment par l’organisation, la formation et la mise à dispositions d’outils ou moyens de production, et l’assistance à la création d’activités génératrices de revenus ». Pour que cette « normalisation » s’effectue dans des conditions humainement acceptables, des centres d’accueil ont été effectivement créés.
Selon des sources dignes de foi, plusieurs dizaines d’anciens combattants provenant des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de l’Extrême-Nord où sévit le groupe terroriste Boko Haram, ont répondu favorablement à la main tendue du président de la République. Le dernier contingent en date constitue bien la preuve que l’appel au rapprochement et à la réconciliation a été entendu et porte ses premiers fruits, malgré des fortes résistances de la part de quelques jusqu’auboutistes prêts à faire feu de tout bois pour parvenir à leurs funestes desseins. 
Il n’empêche qu’une bonne partie de l’opinion dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest est de plus en plus convaincue que la voie de la sagesse et de l’apaisement est la plus indiquée pour sortir de l’imbroglio actuel. Cela est d’autant plus vrai que les batailles menées jusqu’ici n’ont entrainé que destructions, désolation et misère, avec pour principales victimes les populations civiles prises en tenailles et qui n’ont plus véritablement voix au chapitre dans le malheur qui les accable.
Plus de trois ans après le déclenchement des hostilités, il semble évident pour tout observateur impartial que personne ne sort véritablement gagnant d’un bras de fer à l’issue incertaine. Alors que l’Etat a pour souci légitime de défendre l’intégrité territoriale du pays, le discours messianique ayant servi longtemps de carburant à certaines revendications autonomistes  commence à montrer ses limites dès lors que la dégradation continue des conditions de vie éloigne de plus en plus les populations meurtries et exsangues de l’eldorado promis. Ceci pourrait expliquer quelques dissensions qui ont fini par installer une certaine cacophonie dans les rangs au point où toutes les forces bellicistes ne regardent plus dans la même direction. 
Pour sortir de l’impasse, le réalisme commande de reconnaitre que l’exacerbation des tensions et des affrontements ne profite vraiment à personne dès lors qu’un affrontement généralisé ne peut contribuer qu’à fragiliser davantage notre vivre-ensemble. N’est-il pas suicidaire par conséquent de continuer à privilégier le langage des armes  là où la négociation et le dialogue auraient eu plus d’effets positifs ? Face aux énormes pertes déjà enregistrées de part et d’autre, il est temps de tourner le dos  à l’escalade pour donner une chance à la paix. Il reste entendu que la capacité du gouvernement à tenir ses engagements envers les ex-combattants sécessionnistes repentis peut contribuer au renforcement de la dynamique de  désarmement, de démobilisation et de réinsertion. 
 

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