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Sonnette d’alarme !

   Le feuilleton du scandale sexuel qui secoue depuis quelque temps la Fédération camerounaise de karaté vient de connaître un nouveau développement. Faisant suite aux conclusions de l’enquête administrative ouverte en vue de faire la lumière sur les accusations d’atteinte aux mœurs, de détournement des primes et d’équipements sportifs, le ministre des Sports et de l’Education physique vient de suspendre de leurs fonctions « jusqu’à nouvel ordre et à titre conservatoire » certains responsables du bureau exécutif de FECAKADA, dont le président et les encadreurs techniques. Selon la note d’information du MINSEP, ces mesures administratives ont été prises en raison de la gravité des faits allégués et afin de permettre aux mis en cause de se mettre à la disposition de la commission d’éthique du Comité national olympique et sportif du Cameroun et de la justice dans le cadre des procédures en cours 
En décidant de voir plus clair dans le fonctionnement de la fédération incriminée, en attendant la manifestation définitive de la vérité, le ministère est pleinement dans son rôle en matière de contrôle et de régulation des structures placées sous sa tutelle. En plus de ses missions régaliennes de promotion des activités sportives, le MINSEP demeure la colonne vertébrale du mouvement sportif national et doit de ce fait veiller au respect de certains principes au double plan individuel et collectif. Il ne saurait donc rester insensible face à certaines attitudes qui charrient la corruption, l’immoralité, la tricherie et d’autres malversations qui contribuent à gangrener le sport camerounais dans son ensemble. 
Pour l’heure, beaucoup de dirigeants sportifs pourraient se délecter de ce qui se passe chez les voisinS, oubliant qu’ils ont parfois fait pire et que ce qui est décrié n’est que la partie visible de l’iceberg. Dans ces colonnes ou ailleurs, l’actualité sportive est fréquemment émaillée de nombreux faits divers en rapport avec la mauvaise gestion des personnes et des biens. Elle est longue en effet, la liste des manquements auxquels se sont rendus coupables jusqu’ici les dirigeants de la plupart des fédérations sportives. On peut citer, entre autres, le trafic d’influence, le monnayage des places en sélection, la rétention des primes et autres avantages accordés aux athlètes ou encore le détournement des subventions et financements publics à des fins personnelles. On ne devrait pourtant pas perdre de vue le fait que la pratique du sport allie l’activité physique à d’autres valeurs comme le fair-play, l’intégrité morale et éthique. 
   En attendant l’aboutissement des procédures engagées et les conclusions définitives qui renseigneront davantage sur les tenants et les aboutissants de cette regrettable situation, on peut d’ores et déjà observer que ce qui se passe actuellement à la FECAKADA doit être considéré comme un signal d’alarme qui interpelle toutes les composantes du sport camerounais, sans exception. Encadreurs et sportifs, chacun doit se regarder dans le miroir et procéder à une auto-évaluation dans le sens de l’amélioration de la gouvernance et de l’observation des valeurs morales et éthiques. On ne joue pas avec l’image du Cameroun.    


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