La décentralisation, méthodiquement

Les signes annonciateurs étaient déjà perceptibles depuis le 2 septembre 2020 lorsque le président de la République, Paul Biya a procédé à la signature de deux décrets dont l’un fixant le nombre de conseillers régionaux par département et par catégorie et l’autre fixant les modalités de prise en charge par l’Etat des frais afférents à la participation des collèges électoraux pour l’élection des conseillers régionaux. La suite logique était donc attendue avec la convocation hier des collèges électoraux. Ce sera donc le 06 décembre prochain. Paul Biya s’est soumis à la légalité en respectant les dispositions de l’article 86 du Code électoral qui indique en son alinéa 2 que « l’intervalle entre la publication du décret convoquant le corps électoral et la date fixée pour le scrutin est de quatre-vingt-dix (90) jours au moins ». La mise en place des régions censée parachever le processus de décentralisation est donc en marche avec cet acte présidentiel et ce scrutin qui va se tenir dans trois mois.  Cette convocation répond à une logique et à des attentes longtemps exprimées par les Camerounais.


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Prévu dans la constitution du 18 janvier 1996, le processus de décentralisation se construit ainsi de manière méthodique. Depuis plusieurs années, des Camerounais ont exprimé leurs aspirations et leurs  vœux de voir se concrétiser et s’approfondir la décentralisation qui confère aux régions la gestion des affaires locales. Le chef de l’Etat a de manière progressive activé la mécanique par divers actes échelonnés dans le temps. En mars 2018, le ministère de la Décentralisation et du Développement local voit le jour. Ce département ministériel est chargé, entre autres, « de l’élaboration, du suivi, de la mise en œuvre, de l’évaluation  du programme gouvernemental en matière de décentralisation».  Dès sa première prise de parole à l’occasion de sa prestation de serment pour son septennat en cours, le président de la République qui venait d’être élu par plus de 71% des suffrages, a promis d’accélérer le processus. « Dans les meilleurs délais possibles, des mesures seront prises pour élargir le champ de compétences des collectivités territoriales afin de leur donner les moyens d’une plus grande autonomie », disait Paul Biya le 6 novembre 2018. Puis vint le Grand Dialogue national convoqué « pour apporter des réponses aux aspirations profondes des populations du Nord-ouest et du Sud-ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de notre Nation ». A l’issue de cette rencontre qui a vu la participation des Camerounais d’ici et de la diaspora,  d’importantes recommandations ont été formulées dont la moindre n’était pas l’accélération et l’approfondissement de la décentralisation. 


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Le  cadre a été balisé par la loi du 24 décembre 2019  portant code général des Collectivités territoriales décentralisées. Ce texte accorde un statut spécial aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en tenant compte des spécificités de leurs sous-systèmes éducatif et juridique. Ce « nouveau régime » permettra  à ces deux régions de participer à la formulation des politiques nationales relatives à l’éducation, au développement et aux problèmes des chefferies. 


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 Comme l’a souligné le chef de l’Etat lors de son adresse du 31 décembre 2019, après le 6 décembre 2020, c’est  « un Cameroun nouveau », « un Cameroun adapté au temps présent », « un Cameroun qui regarde vers l’avenir » qui verra le jour. Il n’y a donc plus de temps et de place pour la jactance et la diversion devenues des programmes politiques pour certains partis politiques. Les entrepreneurs politiques et les représentants du commandement traditionnel doivent donc  se mobiliser et fourbir leurs armes pour marquer leur présence dans les conseils régionaux qui verront le jour. est donc de mauvais aloi et relève d’une option aux antipodes de la démocratie. Ces appels au boycott sonnent tout simplement comme un signe de désespoir de ceux qui ont une phobie pour les urnes. Il est incompréhensible et paradoxal de  réclamer  à cor et à cri la mise en place effective de la décentralisation et  ne pas participer au processus qui y conduit. 


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