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Affaire sur affaire

La décision du TAS réhabilitant la Ligue du football professionnel du Cameroun (LFPC) a rappelé de tristes souvenirs aux amateurs de cette discipline. Souvenirs de ces années, pas si lointaines, où l’institution basée à Lausanne (Suisse) était devenue l’épicentre de batailles autour du contrôle du football camerounais. Non pas qu’une personne qui se sente lésée ne doive pas exercer toutes les voies de recours à sa disposition pour que justice lui soit rendue. Il est juste très difficile de ne pas ressentir du dépit devant la multiplication de ces feuilletons judiciaires qui n’en finissent pas. Et le sentiment que cette décision du TAS ne vient faire que compliquer une situation déjà pas simple. Car, ce capharnaüm n’est que l’expression d’une réalité profonde : le football camerounais ne va pas bien. Et là, on ne parle pas seulement du jeu sur le terrain, mais plutôt de ces enjeux qui ont depuis longtemps pris le dessus sur le reste. Les avantages générés par le sport roi sont tels que les batailles n’en sont que plus sanglantes dans un univers digne du Far west. Ici, les rgo et les intérêts de ceux qui sont censés mener à bien la barque dominent toute autre considération.
Que deviennent ces clubs qui ont saigné pendant une saison supposée être blanche ? Ces joueurs ont-ils sué et souffert pour rien ? Comment dire à PWD de Bamenda et à ses supporters, après des semaines de liesse, que ce titre de champion du Cameroun ne vaut rien ? Et que faire dans ce contexte où le mandat du conseil d’administration de la LFPC est arrivé à son terme depuis juillet 2020 ? Qui pense à ces spectateurs qui veulent juste regarder un bon match de football ? Il y a clairement un problème dans ce microcosme où les textes s’utilisent au gré des intérêts fluctuants ; où le contrôle de la moindre prébende est la règle ; où les acteurs principaux, à savoir les footballeurs, ne sont qu’un détail dans cette fournaise qui menace d’exploser à tout moment. 
Car on est loin d’avoir fini dans ce combat où la Fecafoot ne se laissera certainement pas faire. Elle n’admettra certainement pas qu’un de ses démembrements se comporte comme une entité totalement indépendante qui n’a aucun compte à lui rendre. Elle qui doit comprendre que si les choses avaient été faites dans les règles au moment de la suspension de la Ligue par le Comité exécutif de la Fecafoot, nous n’en serions peut-être pas là… 
Et c’est justement le respect, ou plutôt le non-respect des statuts et des sentences qui est remis au goût du jour. Puisque dans la foulée de sa première décision concernant la LFPC, le TAS a rendu hier une autre décision défavorable à la Fecafoot. Celle-ci avait en effet fait appel de la décision de la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Comité national olympique et sportif du Cameroun qui demandait la réhabilitation en Elite One de New stars. Un appel rejeté donc qui ne fait que nourrir les interrogations quant à la prochaine saison et même sur l’avenir du football camerounais.
A Tsinga, on n’est pas sorti de l’auberge. D’autant que lundi dernier, une audience était également prévue dans le cadre de l’affaire Olympique de Meiganga et consorts contre Fecafoot au sujet de l’annulation du processus électoral ayant conduit à l’élection de Seidou Mbombo Njoya à la tête de la fédération. Faut-il s’en réjouir ou en pleurer ? Est-ce si difficile de s’asseoir entre adultes pour mettre un terme à cet imbroglio ? Une chose est certaine : tout ce désordre n’honore personne, et certainement pas le football camerounais.
 

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