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Fiasco

Ce fameux 22 septembre 2020 annoncé comme le jour dit par un certain parti politique s’est finalement avéré être un jour très ordinaire au Cameroun. Cette date n’aura été pour certains qu’une évocation de la fête de Saint Maurice. C’est ce jour qu’un fameux Maurice camerounais a choisi pour le lancement d’un mouvement insurrectionnel pour demander le départ du président de la République, Paul Biya, démocratiquement élu, au terme de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce mot d’ordre, comme ceux lancés précédemment par le même leader, a subi un cuisant revers. Dans leur immense majorité, les Camerounais ont normalement vaqué hier à leurs occupations. Comme il fallait s’y attendre et conformément aux prescriptions du gouvernement, l’ordre public a été maintenu. Les quelques irréductibles qui ont tenté de braver l’interdiction de manifester dans certains coins de la République ont été vite éconduits par les forces de maintien de l’ordre qui ont fait montre de professionnalisme. L’on s’est bien rendu compte que ces velléités insurrectionnelles ont été bien orphelines, la plupart de leurs instigateurs et planificateurs ayant apparemment effectué leurs « marches pacifiques »  dans les réseaux sociaux.  Cette tournure » illustre à suffire le rejet par les populations des méthodes anti-démocratiques prônées par leurs initiateurs. Comment pouvait-il en être autrement lorsque, sous le fallacieux prétexte de la modification préalable du Code électoral et de la résolution de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, Maurice Kamto et ses alliés veulent, par des voies déguisées, renverser les institutions de la République pour accéder au pouvoir. 
Qu’on se comprenne bien. Personne ne peut dénier au MRC et à son leader le droit d’exercer son rôle de parti d’opposition, en questionnant les politiques publiques et en appelant à l’amélioration du cadre institutionnel en matière électorale. Il est tout autant de son droit d’interpeller le gouvernement sur certains dossiers brûlants de la République. Il peut même obtenir (pourquoi pas) des avancées mélioratives du cadre institutionnel, mais pourvu que cela se fasse dans un cadre de discussion démocratique. Seulement, ce rôle s’exerce dans un cadre institutionnel, notamment au parlement et dans les collectivités territoriales décentralisées. Mais il se trouve qu’après la « bérézina électorale d’octobre 2018 », le MRC s’est délibérément soustrait du processus électoral pour le scrutin législatif et municipal privant ainsi ses militants d’être présents dans les deux chambres du parlement et dans les communes et communautés urbaines du pays. Il a réactivé ce boycott à l’occasion des toutes premières élections régionales prévues se tenir le 6 décembre 2020. Cette formation politique s’est donc mise en marge de tout cadre institutionnel pouvant lui permettre de commercer politiquement. Davantage faudra-t-il rappeler aux organisateurs des marches pacifiques avortées que leur leader s’était présenté à la dernière élection avec ce même code électoral qu’il juge inique aujourd’hui? 
A l’image de la démocratie, le processus électoral camerounais est dans une dynamique méliorative depuis 1990. De l’ONEL1 à Elecam en passant par l’ONEL2, des acquis ont été obtenus. La mise à l’écart des autorités administratives dans l’organisation et la gestion des opérations électorales, l’inscription biométrique des électeurs et l’association des partis politiques à la gestion du processus électoral sont autant d’avancées non négligeables. Quant à la résolution de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, elle a été amorcée par l’organisation du Grand Dialogue national dont les pertinentes recommandations sont progressivement mises en œuvre sous la ferme volonté du chef de l’Etat. L’organisation des prochaines élections régionales qui verront la mise en place des exécutifs régionaux avec comme particularité dans les deux régions l’assemblée régionale et le conseil exécutif régional. Sur ces questions et bien d’autres, le MRC enfonce une porte ouverte. A l’observation, il s’installe visiblement dans la logique de la provocation-répression pour s’attirer les bonnes grâces d’une certaine opinion internationale encline à se montrer indulgente, voire complaisante à l’égard des partis d’opposition. Des méthodes surannées qui ont fait florès ailleurs. Mais le Cameroun, c’est le Cameroun.
 

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