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Mali : sortir de l’impasse

La désignation du colonel à la retraite, Bah N’Daw, au poste de président de la transition malienne ne comble que partiellement les attentes de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et du peuple malien. D’autant que le colonel Assimi Goïta, le chef de la junte militaire ayant renversé le président Ibrahim Boubacar Keita, s’est octroyé les fonctions de vice-président de ladite transition. De même, le Mouvement du 5 juin, le rassemblement des forces politiques, ayant provoqué la chute de l’ancien régime, n’a pas été associé à la nomination des nouveaux dirigeants.
Le désir des militaires de se maintenir au pouvoir avait été si manifeste que la charte qu’ils ont proposée à l’organisation sous régionale accordait des prérogatives disproportionnées au vice-président de la transition dans les domaines de la défense, de la sécurité et de la refondation de l’Etat qui relèvent pourtant du président de la transition. Les hommes en tenue proposaient également que le vice-président de la transition puisse remplacer le président en cas d’empêchement. Ces suggestions ont été rejetées par la CEDEAO. Sans pour autant que les militaires en prennent acte.
Toujours est-il que la couleur de la transition sera davantage précisée à travers la nomination du premier ministre ainsi que la désignation des autres membres du gouvernement. Il s’agit désormais d’impliquer fortement les partis politiques et la société civile malienne dans la mise en œuvre de la feuille de route de la transition par le biais des technocrates qui inspirent confiance et foi en l’avenir du Mali. Les maux qui minent l’Etat malien sont connus de tous. Entre autres, la fraude aux élections, la corruption, le chômage, la gestion approximative de la crise sécuritaire au Nord du pays, le clientélisme politique, la gestion familiale des affaires de l’Etat, l’exploitation insuffisante du potentiel agricole du pays, la mauvaise gestion du réseau routier national, le contrôle des 70% du territoire malien par des groupes armés. Au-delà des strapontins et des solutions esquissées lors du dialogue inclusif national ainsi que des concertations nationales, ces dysfonctionnements exigent des réponses fortes et urgentes. Seules ces solutions pourront rassurer les Maliens par rapport à l’efficacité de la transition. Mais aussi donner des gages susceptibles de sortir ce pays de l’impasse. 
 

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