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L’urgence d’un apaisement


La visite de travail du représentant spécial du secrétaire général de l’Organisation des nations unies en Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, participe des initiatives censées normaliser le climat politique, en Côte-d’Ivoire, dans le sillage de l’élection présidentielle du 31 octobre prochain.
De nombreux observateurs se souviennent que depuis l’annonce de la candidature du chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, le 6 août dernier, le climat politique s’est considérablement tendu. Réunis sous la bannière du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) les partisans du président sortant estiment que sa candidature est légale puisqu’elle puise sa raison d’être dans la Constitution adoptée en 2016. Les adversaires politiques d’Alassane Ouattara croient plutôt que son nouveau mandat est contraire à la Constitution partagent. Depuis lors, ils ont multiplié des manifestations qui se sont soldées par au moins 15 morts. 
Le 20 septembre dernier, les pourfendeurs sont revenus à la charge au siège du Parti démocratique de Côte-d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président, Henri Konan Bédié, par ailleurs l’un des candidats de l’opposition à la présidentielle au même titre que Pascal Affi Nguessan, le dirigeant du Front populaire ivoirien(FPI). A cette occasion, les opposants ont appelé leurs partisans à se mobiliser contre la candidature d’Alassane Ouattara. Ils ont également estimé que la Commission électorale indépendante (CEI) et le Conseil constitutionnel ne peuvent pas garantir une élection crédible pour avoir notamment invalidé les candidatures de l'ancien président Laurent Gbagbo, et de l’ancien président de l’Assemblée nationale et ex premier ministre, Guillaume Soro.
Les préparatifs de la présidentielle du 31 octobre prochain ne sauraient cependant évoluer dans une ambiance aussi délétère. C’est à dessein que l’envoyé spécial de l’ONU a rencontré le président ivoirien pour notamment déplorer la persistance de l’absence du consensus sur certains aspects du processus électoral. Mohamed Ibn Chambas approche les autres acteurs politiques ivoiriens ainsi que les responsables du Conseil constitutionnel et de la CEI avec le même souci d’apaisement. En lieu et place des discours de haine et de la violence, les Nations unies proposent donc la retenue et la concertation. Sans aucun doute, il s’agit de la meilleure option pour éloigner le spectre de la crise post-électorale de 2010.      
 

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