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Une réforme utile

L’adoption du nouveau Code électoral par le parlement, avant-hier, vise à remettre les pendules de la République centrafricaine à l’heure de l’organisation sereine des prochaines élections présidentielle et législatives.
Ces élections étaient initialement programmées le 27 décembre 2020. Toutefois, les préparatifs avaient pris du retard à cause de l’insécurité qui persiste dans certaines localités du pays. De même, la diaspora et les réfugiés n’avaient pas pu être enrôlés en raison de la pandémie du coronavirus et de la fermeture des frontières. L’Autorité nationale des élections (ANE) avait alors sollicité le report de 15 jours de la date butoir de publication des listes électorales. L’organe chargé de gérer les élections avait aussi demandé le doublement du nombre des agents dédiés à l’enrôlement des électeurs de même que le raccourcissement du délai de réclamation du contentieux.
Le nouveau code électoral accorde à l’ANE le temps nécessaire pour conduire l’enrôlement des électeurs à bon port. Naguère annoncée le 27 septembre, la publication des listes électorales est désormais prévue le 27 octobre 2020. L’ANE devra achever l’enrôlement des électeurs le 16 octobre et publier une liste électorale provisoire. Outre les 1,667 millions de citoyens déjà inscrits, la liste provisoire englobera nécessairement de nouveaux électeurs.    
 Certes, l’opposition continue d’exiger une concertation nationale en estimant que l’ANE court droit à l’échec. Mais en réalité, le résultat est le même puisque la nécessité de réadapter le code électoral a été réglée à la représentation nationale. 
Au-delà du débat des chapelles politiques, les prochaines élections méritent d’être organisées avec minutie car la République centrafricaine revient de loin. Non seulement, ce pays est marqué par une demi-douzaine de coups d’Etat militaire, mais aussi et surtout la crise politique ayant duré de 2013 à 2016 est encore durement ressentie dans le pays. Cette crise n’avait pris fin qu’avec l’accession du chef de l’Etat centrafricain, Faustin Archange Touadéra, à la magistrature suprême. Pour clore définitivement cette période sombre de l’histoire centrafricaine, 14 groupes armés ont signé, il y a 18 mois, un accord de paix avec le gouvernement. Malheureusement, sur le terrain, ils contrôlent toujours 80% du territoire national. Dans une récente lettre, les évêques centrafricains dénoncent la mainmise des bandes armées qui dépouillent le pays. D’où le devoir de mettre ces groupes armés hors d’état de nuire. 
 

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