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Fermeté et professionnalisme

Les événements du 22 septembre 2020 sont à décrypter à l’aune des dispositifs légal et réglementaire qui encadrent le maintien de l’ordre public au Cameroun. Le maintien de l’ordre relève des missions régaliennes d’un Etat jouissant de la plénitude de sa souveraineté. À ce titre l’ordre public apparait comme un impératif catégorique ; une nécessité vitale, sans laquelle les institutions étatiques et les activités économiques et sociales, ne peuvent être assurées d’un fonctionnement normal. Dans sa logique de défiance de l’autorité publique, le Mrc a lancé un « une gigantesque campagne nationale d’appel au départ pur et simple de Paul Biya du pouvoir si le pouvoir convoque une nouvelle élection sans avoir satisfait aux deux préalables que sont la résolution de la crise anglophone et la réforme consensuelle du système électoral.  La pirouette utilisée par le leader du Mrc ne peut tromper que les incrédules. Ces marches qualifiées de « pacifiques » avaient une visée insurrectionnelle et n’avaient d’autre objectif, comme l’ont analysé les divers acteurs aussi bien gouvernementaux, politiques que de la société civile, que de semer le chaos et de « déstabiliser les institutions républicaines et démocratiquement établies ». Selon certains observateurs avertis, cette autre bravade des « choristes » du Mrc n’est que l’une des déclinaisons du fameux plan de résistance de cette formation politique élaboré au lendemain de la présentielle d’octobre 2018 et qui comporte le fameux  le « chassement ». 
Agissant dans le cadre de leurs prérogatives régaliennes, les autorités administratives, garantes de l’ordre public ont interdit ces manifestations illégales. En dépit de cette interdiction, les militants et sympathisants du Mrc et leurs alliés ont voulu agiter la rue dans l’optique de créer une situation insurrectionnelle. Un peu à l’image de ce qui s’est passé dans certains pays africains. Il est d’ailleurs curieux de constater qu’un parti politique qui nourrit l’ambition d’accéder au plus haut sommet de l’Etat foule allègrement aux pieds les lois et règlements de la République. Pis encore, les « marcheurs du 22 septembre » utilisent des biais pour interpréter les dispositions de la loi du 19 décembre 1990 relative au maintien de l’ordre. L’article 6 de cette loi indique que « les cortèges, défilés, marches et rassemblements des personnes et, d’une manière générale, toutes les manifestations publiques sont soumis à l’obligation de déclaration préalable ».  Seulement, cette loi donne la liberté au sous-préfet de l’interdire « s’il estime que la manifestation projetée est de nature à troubler gravement l’ordre public ». Il faut donc particulièrement être de mauvaise foi pour prétendre  que les « marches » du Mrc n’étaient pas de nature à troubler gravement l’ordre public. 
C’est donc conformément aux dispositions de la loi sus-évoqué que les forces de maintien de l’ordre ont agi pour empêcher la tenue de ces manifestations illégales et interdites. Les éléments de la police et de la gendarmerie qui étaient commis sur le théâtre des événements l’ont été sur réquisition des autorités administratives, investies des missions d’ordre public. La loi donne à ces dernières le pouvoir de « requérir les forces de police et de gendarmerie pour préserver ou rétablir l’ordre ». En dépit des actes de provocation et d’agression dont elles ont été l’objet, les forces de sécurité ont accompli leurs missions en toute sérénité. Grâce à leur professionnalisme et leur fermeté, elles ont su mettre fin à cette aventure insurrectionnelle et assurer avec doigté la sécurité des biens et de paisible citoyens. Certaine personnes interpellées dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre ont été, après exploitation relâchées ou mises à la disposition des autorités judiciaires pour répondre de leurs actes devant la justice. Dans leur logique de diaboliser l’action des forces de maintien de l’ordre, les organisateurs et les meneurs de ce projet insurrectionnel ont usé des Fake news pour dramatiser les bilans des événements. Les « morts de Douala » se sont volatilisées et le film-fiction sur « l’assaut » sur la résidence de Maurice Kamto attend d’être projeté.
 

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