Spectacle: pas à pas avec Armand Biyag

L’artiste invite le public de Douala à suivre ses traces, à travers la présentation de son album « Njan ».

Sur la scène tour à tour, ses enfants, sa mère, ses amis d’enfance, ses amis d’après, quelques-uns de ceux qui l’ont inspiré, qui l’inspirent encore aujourd’hui. Au-delà des chansons, le spectacle d’Armand Biyag le 2 décembre dernier à la place St-David à Douala était le reflet exact de son deuxième album, « Njan », ses traces à lui. Quelques jours plus tôt, le 29 novembre 2016 plus exactement, le chanteur et multi-instrumentiste déclarait à propos de cet opus de 12 titres qu’il présentait à la presse : « Je retrace mon parcours. Je relate tout ce qui m’a marqué depuis que je suis tout petit jusqu’à ce jour. C’est maintenant que je commence ma carrière. C’était donc le moment de regarder en arrière et de voir d’où je viens ».
D’où il vient, les mélomanes et spectateurs de la cité économique l’ont donc découvert avec joie. Sur la scène, on n’a pas seulement vu Armand Biyag l’artiste percussionniste, pianiste, vocaliste à la large tessiture. Mais aussi Armand Biyag l’homme, qui blague avec ses copains musiciens, Castro à la batterie, Marcien à la guitare, Darry à la basse. Qui plaisante avec la foule qu’il traite comme une vieille amie. Qui part d’un gros éclat de rire. Bref, qui invite sa vie sur scène.
Et dans cette vie, il y a ces aînés pour qui il a de l’admiration. Ben Decca, par exemple, avec qui Armand Biyag a collaboré dans son album pour le morceau « Alom ». Autre collaboration et invité aussi sur scène, l’ami Guy Michel, le chanteur très apprécié par les fans de gospel, pour un remix du titre « Nsen », qu’on retrouvait déjà dans son premier opus « Mut Binam », sorti il y a six ans. Et Armand Biyag, l’alchimiste musical, va continuer à partager le produit de ses expérimentations, lui qui a « pris l’habitude de faire la musique de [son] cœur », refusant catégoriquement d’être cantonné à un style.
Et au final, c’est un plaisir de suivre l’artiste dans ses recherches harmoniques et rythmiques, entre « Bon Bem », « Africa Rising », « Mè Nhèl ». Peu importe que son voyage l’entraine du côté de Richard Bona, à qui il a d’ailleurs rendu hommage dans son précédent opus. Pour la présente galette, c’est Etienne Mbappe qui a eu droit aux honneurs avec une savoureuse reprise de « Cameroun o mulema ». Pour le prochain album, on aura peut-être une ode à Sala Bekono, dont il a revisité « Osas » lors de son spectacle.

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