« L’Etat du Cameroun fait face à une charge supplémentaire »

Wahid Ben Amor, chef de la sous-délégation HCR à Bertoua.

Quelle est la situation humanitaire des déplacés en provenance de la RCA dans la région de l’Est et comment le HCR fait-il face au nouvel afflux de réfugiés depuis la résurgence de la crise socio-politique et sécuritaire en RCA ?


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Suite aux conditions d’insécurité et d’instabilité en République centrafricaine (RCA) qui ont culminé à l’approche de l’élection présidentielle du 27 décembre 2020, la République du Cameroun, fidèle à sa tradition d’hospitalité, a accueilli des demandeurs d’asile centrafricains en quête de protection et d’assistance. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), du fait de son mandat de protection, vient en appui à l’État du Cameroun à faire face à cette charge supplémentaire que constitue l’arrivée soudaine de 4500 nouvelles personnes sur son sol. A ce jour (13 janvier 2020, ndlr), le HCR a pu enregistrer et documenter 2400 sujets centrafricains répartis dans 900 ménages environ, afin de garantir le respect de leurs droits et mieux les assister sur le plan de la santé, de l’alimentation, des abris et autres moyens de subsistance ou de résilience


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Quelle incidence cet afflux a-t-il sur les moyens du HCR et des humanitaires, ainsi que sur leurs activités, notamment dans un contexte où ceux-ci décrient la baisse des moyens financiers pour la gestion des déplacés ?


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Les crises, tant sanitaires, liées au Covid-19, que financières, ont affecté les économies mondiales, y compris celles de nos principaux bailleurs, entraînant de facto une réduction sensible des financements du HCR. Cette situation a un impact négatif sur la réponse humanitaire apportée par le HCR à l’endroit des réfugiés dans le cadre de nos programmes d’assistance et notre mandat de protection. En effet, l’assistance multiforme apportée peine à répondre aux standards reconnus et préconisés en matière de santé, d’hygiène et assainissement, abris, alimentation, etc.


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Quid de l’opération de retour volontaire des déplacés centrafricains qui avait repris début décembre 2020, après une interruption suite à la crise du Covid-19 ?


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Effectivement, la pandémie du Covid-19 a eu un impact négatif sur la planification de l’opération de facilitation au retour volontaire des réfugiés centrafricains du fait de la fermeture des frontières et des mesures barrières édictées par le gouvernement de la République du Cameroun. Après un assouplissement des mesures gouvernementales, nous avons relancé le rapatriement en 2020, permettant ainsi à 1499 réfugiés centrafricains de regagner leur pays dans la sécurité et la dignité à travers huit convois. Le rapatriement volontaire étant une solution durable à la problématique des réfugiés, il demeure d’actualité en tenant compte du caractère volontaire, de la situation sécuritaire et politique du pays d’origine, la RCA.


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